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Joseph-Ermend Bonnal (1880-1944) – Compositeur « Magnifique et méconnu »

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Joseph-Ermend Bonnal. Magnifique et méconnu. Michel d’Arcangues. Editions Atlantica-Séguier. Collection « Carré Musique ». Mai 2003. 118p. 10 euros.

 

Joseph-Ermend Bonnal

Malgré une surdité qui le handicape trop jeune dans sa vie de compositeur, est de ces hommes que l’on aurait aimé côtoyer pour s’enrichir de sa joie de vivre, de son sens de l’initiative et de son esprit raffiné. Jeune prodige du piano, il aurait pu avoir la carrière des plus grands qui marquèrent le XXème siècle naissant. Sa santé fragile et ses obligations familiales l’obligent à s’exiler en province. Ce Bordelais de naissance préfère aller en terrain vierge, même s’il effectue un long séjour à Paris, pour offrir et diffuser la musique savante. N’ayant pas réussi à obtenir un poste au plus près de la capitale, il accepte de devenir directeur de l’Ecole Nationale de Musique de Bayonne (Cette école jouit, à cette époque, de ce statut exceptionnel pour une ville de trente mille habitants). Il en fera un véritable centre artistique et sera à l’origine d’un orchestre de soixante-dix musiciens sous la responsabilité de la «Société des Amis de la Musique». Il fera venir les plus grands concertistes de l’époque ; Jacques Thibaud, Arthur Rubinstein, Alfred Cortot, Pierre Fournier, …

Dans sa correspondance, il se plaint des relations sociales hypocrites de la vie de province, en constatant que rien n’a changé depuis Balzac, mais ce sont ces mêmes échanges qui nous font découvrir son dévouement à vouloir faire exister une vie musicale décentralisée, vivante et de qualité.

L’engouement pour la côte Basque de ces années d’entre deux guerres lui permettra de côtoyer des personnages extravagants comme Earle et l’emmènera sur les chemins de la musique de film qui, malheureusement pour diverses raisons et événements de l’époque, ne lui donneront aucune retombée financière. C’est aussi à cette époque qu’il compose ses plus belles pages de musique religieuse comme les Poèmes franciscains.

Malgré les difficultés que rencontre pour se faire éditer, on perçoit en découvrant sa vie un désir boulimique d’écrire, de jouer quoiqu’il arrive, alors même qu’il ne peut maîtriser le devenir de ses œuvres.

Michel D’Arcangues nous offre dans le livre qu’il consacre à ce musicien, et ce de façon magistrale, l’opportunité de découvrir le parcours d’un grand artiste régional d’une haute sensibilité et voué entièrement à la musique. Le catalogue des œuvres joint à l’ouvrage est suffisamment précis pour nous donner la totalité de la création du compositeur, y compris celles écrites sous le pseudonyme de Guy Marylis (à l’interrogation près). Les œuvres majeures de Bonnal ont été éditées chez Leduc, Max Eschig et Durand, …

Joseph-Ermend Bonnal connaîtrait-il plus de difficultés à exister aujourd’hui ?…

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