philharmonie de paris 0718

Clementi ou le Fantasque en Musique

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Muzio Clementi. Dernières oeuvres pour pianoforte. Quatrième et Cinquième Capriccio (opus 47 n 1 et n 2). Prélude 1 alla Kozeluch. Sonate en mi bémol majeur (opus 41). Six des « Douze Monferrines » (opus 49). Fantaisie avec variations sur l’air « Au Clair de la Lune », Edoardo Torbianelli, pianoforte. Pan Classics. Durée : 68’03. 2003

 

Le moins que l’on puisse dire est que l’oeuvre de (1752-1832) ne figure pas souvent dans les récitals et le répertoire des pianistes. La connaissance que les élèves pianistes ont de ce compositeur se réduit souvent à quelques sonatines faciles. , né avant Mozart et mort après Beethoven, laissa un catalogue riche de cent treize oeuvres. La plupart sont consacrées au clavier dont Gradus ad Parnassus qui est une méthode progressive pour le développement de la technique. Clementi, dont la grande virtuosité faisait l’admiration de ses auditeurs, mena une grande carrière de soliste qui le conduisit de Londres à Berlin et de Rome à Saint-Pétersbourg en passant par Versailles, où il joua devant Louis XVI et par Vienne où il se produisit devant l’empereur Joseph II. Dans cette dernière ville, en 1782, il fit une compétition avec Mozart. Outre cette carrière de soliste, grand pédagogue il eut entre autre Meyerbeer, Moschelles et Czerny parmi ses élèves. Clementi trouve ses sources dans les musiques de Scarlatti, J C Bach et Haydn. Il allie de même l’enseignement puisé chez ces trois compositeurs à une profonde connaissance des possibilités techniques et musicales de son instrument.

Le pianoforte est utilisé dans toute son étendue et dans toutes ses possibilités d’expression et de nuances. Sa musique d’une grande virtuosité et très haute en couleurs est toute tournée vers l’expression musicale. Son profond intérêt pour tous les aspects de son instrument le poussa même à créer sa propre fabrique de pianoforte!

Le présent enregistrement nous propose le Clementi des dernières années. Ces oeuvres confirment avec éclat ce qui vient d’être dit. Les deux Capriccio nous permettent d’entendre un compositeur exubérant : richesse harmonique, rythmique et mélodique. Les contrastes de nuances sont tout à fait saisissants. La sonate, un peu plus « sage » et moins « débridée » que les deux premières oeuvres, nous montre un compositeur plus soucieux de rigueur formelle que de fantaisie. Ceci nous mène à une constatation évidente : l’imagination débordante et le caractère fantasque de semblent mieux s’épanouir hors de ce cadre précis et rigoureux. La dernière composition proposée Fantaisie avec variations sur l’air « Au clair de la lune » , ne fait que confirmer notre remarque. Ce que Clementi fait à partir de cette chanson enfantine est véritablement prodigieux. Tout son art semble « exploser » dans cette oeuvre.

Edoardo Torbianelli, grâce à une technique solide et à une musicalité qui s’affirme tout au long du présent enregistrement, réussit à déjouer tous les « pièges » posés par cette musique qui apporte une fraîcheur et une insouciance rares. Il n’est pas possible de finir cette chronique sans remercier le label PAN de ce très beau cadeau estival et sans lancer un appel aux pianistes pour que Clementi soit plus souvent présent dans les concerts.

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