Sasha Waltz : Impromptus, pièce pour sept danseurs

Danse , La Scène

Paris. Théâtre de la Ville. 12-X-2004. Impromptus, pièce pour sept danseurs, musique de Franz Schubert, mise en scène et chorégraphie de . Scénographie de Thomas Schenk et Sasha Waltz ; Costumes de Christine Birkle. Lumières : Martin Hauk. Piano : Cristina Marton ; chant : Judith Simonis.

On s’est trop plaint que l’on ne dansait pas assez dans les spectacles de pour bouder son plaisir ! Avec « Impromptus », la très talentueuse chorégraphe et metteur en scène allemande, codirectrice depuis 1999 (avec Thomas Ostermeier) de la Schaubühne am Lehniner Patz de Berlin, a cherché un parallèle entre son univers et celui de Schubert. Résultat partiellement convaincant car si les deux univers peuvent se rencontrer, la forme est trop longue pour un spectacle parfait. Une heure vingt-cinq, temps qui semble s’imposer comme une jauge dans le monde de la danse contemporaine, c’est trop long pour le contenu de cette pièce, même si la musique est presque tout le temps le support de la danse. Quelques blancs, hélas ! laissent aux tics l’opportunité de revenir en force : courses folles sans but, usage de la peinture, petite séance de bain dans une pièce d’eau. Ces réserves évacuées, on ne peut que louer les sept danseurs choisis par Sasha Waltz pour cette pièce coproduite avec le Teatro Comunale de Ferrare, créée cet été dans les festivals de danse français. La musique de Schubert, cinq Impromptus choisis dans les cahiers D. 899 et 935, jouée avec de bons doigts mais une sonorité un peu maigre par Cristina Marton et quatre Lieder dont un courageux « Dopplegänger » chantés par le très bon mezzo-soprano Judith Simonis, servent de support, mais non de cadre strict car la danse n’est pas réglé sur le début et la fin de ces pièces, à une chorégraphie variée. Beaucoup de duos de grandes proportions avec d’admirables portés, quelques beaux groupes, exploitent tantôt l’esprit tantôt le rythme de la musique. Le décor, un double plateau en plan très incliné surmonté d’une pièce de bois, ne facilite pas les mouvements mais les danseurs semblent rompus à cette difficulté. Comme tout décor, il recèle des surprises et s’ouvre pour laisser place aux débats aquatiques d’un trio, pour évoquer la prédominence de l’élément eau dans l’univers de Schubert ? Sasha Waltz ne renonce pas tout à fait à l’humour, ou au clin d’œil à Pina Bausch à qui on l’a souvent, à tort, comparée, et introduit une séquence où les danseurs marchent dans des bottes en caoutchouc remplies d’eau, autre clapotis et référence schubertienne ?

Après « Zweiland » (1997) créé en France à Lyon, « Na Zemlje » (1998) présenté à Avignon en 1999, « S » et « Körper » (2000), puis « Nobody » commande d’Avignon en 2002, tous spectacles présentés au Théâtre de la Ville et fresques théâtrales souvent violentes laissant peu de place à la danse et encore moins à la musique, « Impromptus » nous montre enfin la Berlinoise dans la nudité du travail chorégraphique pur, beaucoup plus à sa place dans la saison de danse de cette excellente scène parisienne. Prochain travail musical annoncé de Sasha Waltz : un « Didon et Énée », coproduction réunissant Berlin, Luxembourg, Montpellier et Aix-en-Provence sous la direction d’Attilio Cremonesi, ancien assistant de René Jacobs. Création en janvier à Luxembourg. Á suivre…

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