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John Cohen Semper Eadem

À emporter, CD, Musique d'ensemble

John Cohen : Semper Eadem ; A la lune ; Monologue de Leyla ; Tombeau pour B. Marie Kobayashi, mezzo soprano ; Jean-Louis Serre, baryton et comédien ; Véronique Bayer, piano ; Guillaume François, violoncelle ; Agnès Heidmann, artiste de la scène contemporaine ; Ensemble Court-Circuit, Ensemble vocal Soli-Tutti, Camerata de Dugny, Joan Grimalt, piano et direction ; Pierre-André Valade, flûte et direction. 1 CD AMI 0501 CD. LP. Enregistré en février 1993 (Monologue de Leyla), décembre 2004 et janvier 2005. Texte d’accompagnement et biographies en français. Durée totale : 63’29

 

est né en 1960. De 1980 à 1983 il fait ses études musicales au Conservatoire de Bruxelles puis il étudie la composition à la Hochschule für Musik de Vienne avec Alfred Uhl, et . Il prend des cours de composition avec au CEMAMU (1982), puis d’électroacoustique avec D. Kauffmann (1988). Il suit les cours de direction d’orchestre avec (1987) tout en finissant sa maîtrise de philosophie à l’Université de Bruxelles. Il a suivi un cursus d’informatique musicale à l’ en 1991-1992, boursier de la Fondation Alban-Berg à Vienne (1987), de l’Accademia Belgica à Rome (1990), compositeur en résidence au CIRCA/CNES (1996), riche expérience professionnelle qui le conduit à devenir producteur de Radio France de 1993 à 1998, enseignant à l’Université de Paris VIII de 1996 à 2002, et depuis 1999, il est directeur du conservatoire de musique de Dugny (93). Depuis 2002, il est docteur en Esthétique et pratique des Arts de l’Université de Lille III.

L’ n’est plus à présenter. Crée en 1991 par et , cette formation est tournée vers la musique contemporaine et expérimentale. L’Ensemble Soli-Tutti crée en 1988, est constitué de douze chanteurs professionnels, et dirigé par . Enfin, la Camerata de Dugny, à géométrie variable est formée par les professeurs du conservatoire de Dugny ainsi que des musiciens invités.

Cet album présente quatre pièces écrites par le compositeur entre 1988 et 2004, toutes pour voix et instruments, ou électroniques. D’une écriture authentique, sa musique se livre tout entière au silence. Apaisante, emplie de respiration, elle n’est pas une démonstration de technique musicale, elle reste sobre, méditative. C’est la quête du recueillement qui anime . Un profond respect s’en dégage. Semper eadem pour voix, chœur de chambre et ensemble à cordes : le titre de cette œuvre signifie « toujours ainsi, toujours de cette manière ». Cette pièce est écrite sur un sonnet de Charles Baudelaire issu de la première section des Fleurs du Mal. L’encre musicale est celle de la mélancolie, ou plus précisément, du Spleen si cher à C. Baudelaire. Le temps s’étire, ample et lent, l’écriture vocale et instrumentale se réduisent à l’essentiel. Les influences de sont grandes, et on peut ressentir cette langueur du Martyre de Saint Sébastien face au sacrifice humain qui ne disparaîtra jamais. L’œuvre a été créée le 1er juin 2003 au Théâtre Georges-Brassens de Villemomble. A la lune, pour voix et piano, est écrit sur cinq haïkus. Poésie traditionnelle japonaise, la prosodie impaire du haïku se construit sur des vers irréguliers. Monologue de Leyla, pour soprano, violon, claviers midi, percussion et dispositif électroacoustique, est écrit sur un texte de , professeur de français du compositeur. Il fût créé à l’ le 6 février 1993 et utilise des sons de synthèse gérés par le logiciel Max de l’. L’électronique joue ici le rôle du double, complétant voix, violon et percussions, et permettant un travail des différents modèles acoustiques du son. L’œuvre s’ouvre sur des brillances électroniques et explore les résonances métalliques des instruments à claviers percussifs. Tombeau pour B, pour voix et violoncelle, est écrit sur un texte intitulé Le tombeau d’Anatole de Stéphane Mallarmé. Douloureux sujet que celui de la mort d’un nouveau-né, laissant au violoncelle le soin de soutenir sa tristesse. Souvent en doublure à l’unisson, l’instrument renforce ce sentiment de blessure inguérissable, inapaisable. La voix est à nu pour exprimer cet instant où tout bascule, où le sens disparaît. Ecrite en mémoire d’un de ces enfants, John Cohen nous livre ici un sujet qui est très peu abordé en musique, la fragilité de la vie, rien n’est sûr, même jusqu’au dernier moment. Trois courtes pièces, sur trois vers du poème, expriment ici les étapes du deuil qui conduisent à son acceptation.

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