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Mozart par Olivier Vernet : Bijoux d’« orguerie » et contrepoints mécaniques

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Ouverture ou Intrada et fugue K. 399  ; Adagio pour harmonica en verre K. 356  ; Fugue en mi bémol majeur K. 153  ; Fugue en sol mineur K. 154  ; Andante et variations pour 4 mains K. 501  ; Fugue à 4 mains en sol mineur K. 401  ; Fugue en trio en sol majeur K. 443  ; Fantaisie en fa mineur pour orgue mécanique K. 594  ; « Ach Gott, vom Himmel sien darein » K. 620b  ; Kleine Leipziger Gigue K. 574 ; Andante en fa majeur pour orgue mécanique K. 616 ; zwei kleine Fugen K. 154a  ; Fantaisie en fa mineur pour orgue mécanique K. 608. Olivier Vernet, Cédric Meckler, orgue (Bernard Aubertin de Saint-Louis en L’île, Paris). 1 CD Lidi 0104171-06 – HM48. Notice de présentation en français (occupant la moitié d’un livret qui, lu dans l’autre sens, est le catalogue 2006 de Ligia Digital). Durée : 59’24’’.

 

Dans la discographie d’, il y a plusieurs genres d’enregistrement. D’abord, les « incontournables » qui prennent pour échelle le catalogue des œuvres des grands compositeurs, pour en offrir les exhaustivités. Entreprises de référence : le coffret en 15 CD de l’œuvre pour orgue de Bach ou l’intégrale des œuvres pour orgue de Liszt aux six sonates pour orgue de Mendelssohn en passant par les concertos (pour orgue) de Haydn. Il y a encore les anthologies qui, pour les besoins d’un disque, inventent un répertoire : les transcriptions d’ouvertures et airs d’opéras (avec la soprano Isabelle Vernet) ou « Organ dances », avec des œuvres de Julien Bret, Pierre Cholley, Robert Elmore. Et pour s’orienter dans l’imposante discographie d’, l’exercice taxinomique peut aussi élire un rayon « découverte » puisque l’organiste a aussi enregistré des auteurs tels que Louis-Nicolas Clérambault, Johann Ludwig Krebs ou Nicolas De Grigny.

Par sa fraîcheur et sa variété trépidante, compilant l’œuvre pour orgue de Mozart, ce disque fait plutôt penser à une boîte à bijoux. Chaque plage offre une sorte de joyau sonore, autant de raffinements timbriques, avec une très tangible délectation des couleurs soigneusement établies pour chacune des œuvres, quand ce n’est pour chacun des mouvements. Mais au-delà du traitement gourmand des registrations (parfois très sucrée, à force d’en affirmer si fort les originalités), c’est l’intérêt de Mozart pour les musiques mécaniques que le disque coule tout naturellement dans son œuvre pour orgue. Tel un essai opératique, l‘Andante in F pour für eine kleine Orgelwalze (K. 616) est riche d’une incroyable polysémie, il peut faire penser à de la musique de manège, autant qu’aux passages les plus poignants de la Flûte enchantée. De 1791 aussi, le choral « Ach Gott, vom Himmel sieh darein » (K. 620b) est, lui, distinctement repris dans le dernier acte de l’opéra.

Mention spéciale, enfin, pour la Fantaisie en fa mineur (K. 594) dont la virtuosité contrapuntique (à 4 mains) donne envie que l’œuvre pour orgue de Mozart soit intégrée, en bonus, à l’intégrale de celle de Bach.

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