bandeau Res Musica

Centenaire de l’UGAB

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 10-XII-2006. Gala du centenaire de l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance. Edvard Grieg (1843-1907) : Andante con moto en do mineur ; Manuel de Falla (1876-1946) : Siete canciones popolares (extraits) ; Aram Khatchatourian (1903-1978) : Danse orientale ; Astor Piazzolla (1921-1992) : Historia del tango (extraits) ; Arno Babadjanian (1921-1983) : Trio pour cordes et piano ; Claude Debussy (1862-1918) : Danse sacrée et Danse profane ; Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) : Andante cantabile ; Fritz Kreisler (1875-1962) : Prélude et Allegro ; Edward Mirzoyan (né en 1921) : Symphonie pour timbales et cordes. Iris Torossian, harpe ; Jean-Marc Philips-Varjabédian, violon ; Xavier Philips, violoncelle ; Ensemble Maestria, direction et piano : Vahan Mardirossian.

Année de l’Arménie en France

Le 15 avril 1906 Boghos Nubar Pacha, fils du Premier Ministre égyptien d’origine arménienne Nubar Pacha « le Grand », fonde au Caire l’Union Générale Arménienne de Bienfaisance, mouvement philanthropique des arméniens des diasporas du Levant (le Caire, Alexandrie, Jérusalem, Beyrouth) pour venir en aide à la communauté arménienne de l’Empire Ottoman, déjà bien opprimée lors des soulèvements et répressions de 1895-1896 sous le sultanat d’. Si la première section française de l’UGAB s’est faite à Marseille dès 1910, le siège de l’Union a été fixé définitivement à Paris en 1914. Avec des bureaux un peu partout dans le monde, l’UGAB est la principale association culturelle arménienne au monde, aux activités variées, dont bien sûr la musique. Pour cette « Année de l’Arménie en France » outre l’aide à la diffusion d’ensembles venus d’Erevan (Ochaghan, Orchestre Philharmonique d’Arménie) et la création du prix de composition « Sayat Nova » (décerné en septembre dernier), l’UGAB a cette semaine fêté son centenaire avec entre autres manifestations un concert de gala autour de musiciens français, bien sûr d’origine arménienne.

C’est toutefois avec que s’ouvre le concert, autour du bref Andante con moto, partition isolée sans numéro d’opus, écrite par le compositeur à la fin de sa vie. Œuvre d’un romantisme désespéré et mélancolique, elle est admirablement servie par les frères Philips et qui savent trouver les couleurs justes pour défendre cette courte pièce injustement peu présente des programmes de concerts. Les trois extraits des Siete canciones popolares de Falla sonnent bizarrement dans cet arrangement pour harpe et violoncelle – à l’exception de la Berceuse – malgré l’excellence des solistes. peut pleinement démontrer son talent dans la Danse Orientale de Khatchatourian, œuvre virtuose qui met en valeur toutes les possibilités de son instrument. Les extraits (encore !) de l’Historia del Tango pour violon et harpe déçoivent aussi par leur manque d’engagement. est selon « le compositeur arménien le plus intéressant à défaut d’être le plus connu ». Où réside l’intérêt dans ce fade Trio qui hésite entre Rachmaninov et , avec son dernier mouvement « à la Ravel » ?

L’Ensemble à cordes Maestria qui honorait la seconde partie de ce concert est de création récente. Formé de solistes des principaux orchestres français (dont les sœurs Nemtanu, , ou ), il a pour volonté de se hisser au niveau des meilleurs orchestres de chambre d’outre-Rhin, outre-Manche ou outre-Atlantique et de combler ainsi un manque dans le paysage musical français. Saluons d’emblée une telle initiative dont le premier ( ?) concert parisien est plus que prometteur. Réunir de tels solistes est certes un gage a priori de qualité, mais jouer ensemble est une autre paire de manche, et Vahan Mardirossian, pianiste apprécié (son album Brahms a été récompensé d’une Clef ResMusica) et chambriste reconnu, se révèle être un excellent meneur de troupes et étonne par sa maîtrise de la direction d’orchestre.

Les redoutables Danse sacrée et Danse profane de Debussy ne manquent pas de couleurs ni de profondeur de son. Les pièces de Tchaïkovski et Kreisler sont plus anecdotiques, mais restent excellemment servies tant par les solistes que par l’orchestre, Vahan Mardirossian se révélant – mais pouvait-on en douter ? – un accompagnateur hors pair. Retour à la musique arménienne pour clore ce concert de gala… La Symphonie pour timbales et cordes d’, ancien professeur de composition du Conservatoire d’Erevan, reste bien tributaire à Chostakovitch par son Adagio pathetico initial et son Finale ébouriffé et orgiaque, malgré la présence d’airs arméniens. Qu’importe l’intérêt relatif de cette dernière pièce ou des arrangements joués en première partie, ce concert a pu mettre en avant l’Ensemble Maestria auquel nous souhaitons longue vie.

Crédit photographique : © EMVI Productions

Baniere-clefsResMu728-90-2b

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.