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La solitude du coureur de fond ?

À emporter, CD, Musique symphonique

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concertos pour piano n°1 en ut majeur op. 15 et n°3 en ut mineur op. 37. Mikhaïl Pletnev, piano. Orchestre National de Russie, direction : Christian Gansch. 1 CD Deutsche Grammophon 477 6415. Enregistré en concert le 2 septembre 2006 dans le cadre des Beethovenfest de Bonn. Notice de présentation en allemand, anglais et français. Durée : 67’52’’

 

Chez Deutsche Grammophon, les célébrations Beethoven de 2007 seront placées sous le signe du pianiste et chef d’orchestre qui assurera une intégrale des concertos pour piano et des symphonies. Marathon très risqué pour l’étiquette jaune qui possède déjà d’innombrables références signées Kempff, Pollini, Zimmerman, Karajan, Abbado, Bernstein, Jochum, Gardiner…Le premier volume de cette aventure est dédié aux Concertos n°1 et n°3. On cherchera en vain une cohérence artistique chez Deutsche Grammophon puisqu’un nouveau disque de Lang Lang dans le même Concerto n°1 est annoncé pour ce mois de mai 2007 (avec l’Orchestre de Paris et Christoph Eschenbach).

est un pianiste de haut niveau déjà apprécié dans nos colonnes, lire la chronique du CD Tchaikovski. Sa technique assurée lui permet d’oser les plus belles nuances et les plus implacables ruptures. Mais le principal écueil de ce disque réside dans l’absence de logique interne à cette interprétation. C’est certes ultra brillant, très sophistiqué, cependant à aucun moment, l’esprit est touché par cette démonstration, superlative mais bourrée d’intentions. Certains mouvements subissent bien ce traitement à l’image de l’Allegro con Brio initial du Concerto n°3, mais les mouvements lents ne s’élèvent jamais musicalement et les mouvements finaux virent à l’exercice de style sur des tempi endiablés. Le tout dans un toucher plutôt raide.

Renonçant à diriger du piano, Pletnev a fait appel à pour assurer la conduite de cette entreprise. Ce chef, à la notoriété assez modeste, il ne fait guère d’ombre à son soliste, son accompagnement suit le pianiste à défaut d’être d’une grande subtilité. Un disque qui, sans être vraiment inutile, peinera à s’immiscer dans un contexte discographique pléthorique, c’est dommage car la prise de son est une véritable merveille.

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