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Gretchen Van Hoesen, superbe Harpe Principale de l’Orchestre Symphonique de Pittsburgh

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Reinhold Glière (1875-1956) : Concerto pour harpe et orchestre op. 74. Joseph Jongen (1873-1953) : Concerto pour harpe et orchestre op. 129. Manuel Moreno-Buendia (né en 1932) : Suite concertante pour harpe et orchestre. Gretchen Van Hœsen, harpe. New Symphony Orchestra de Sofia, direction : Rossen Milanov. 1 CD Boston Records BR1049CD. Code barre : 781881104925. Enregistré du 7 au 10 juin 2000 à Sofia, Bulgarie. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 72’49.

 

Cette production des Boston Records montre une fois de plus l’esprit particulièrement curieux, aventureux et courageux de certains petits labels par rapport à leurs confrères « majors » : les disques Boston Records s’attachent à nous faire découvrir d’excellents solistes non seulement de l’Orchestre Symphonique de Boston, mais aussi d’autres phalanges américaines, et leurs programmes sortent assurément des sentiers battus. Disons de suite que celui consacré à Gretchen Van Hœsen, harpiste principale de l’Orchestre Symphonique de Pittsburgh, est l’un des plus beaux consacrés à la harpe concertante moderne, et l’interprétation particulièrement délectable est un ravissement constant pour l’oreille et l’esprit.

Des trois pages proposées, la moins méconnue est le beau Concerto pour harpe (1938) de (1875-1956), ce compositeur russe, fameux auteur de la Symphonie « Ilya Mourometz », excellent pédagogue que Sergueï Prokofiev tenait en très haute estime. L’œuvre est de forme traditionnelle vif-lent-vif, dont le mouvement lent est un Tema con variazioni particulièrement bienvenu ; elle a reçu les honneurs de quelques enregistrements trop peu nombreux, depuis la version russe historique de Vera Dulova – Alexandre Gaouk (ancien LP Period Records SPL567) jusqu’à celles de Osian Ellis – Richard Bonynge (Decca) et de Rachel Masters – Richard Hickox (Chandos). Gretchen Van Hœsen nous en offre une version très poétique qui se classe aisément parmi les plus recommandables.

Le cas du Concerto pour harpe (1944) de (1873-1953) est plus simple, puisqu’il n’existait avant qu’une seule version, splendide, de Mireille Flour et Fernand Quinet à la tête de l’Orchestre de Liège, toujours disponible chez Musique en Wallonie (CYP3610). Dire que Gretchen Van Hœsen est absolument digne de la grande harpiste française à qui ce Concerto était dédié, est le plus bel éloge que l’on puisse lui faire, et bien évidemment l’enregistrement possède une plus-value technique par rapport à celui de Mireille Flour réalisé en monophonie. Le Concerto pour harpe est une œuvre automnale de Jongen : page merveilleusement diaphane dont l’orchestration transparente s’accorde idéalement à l’instrument soliste sans jamais l’écraser, sa structure en deux parties séparées est plutôt originale, puisque la première section enchaîne les deux mouvements Modérément animé et Andantino, tandis que la seconde section débute par un Récitatif-cadence à la harpe solo qui conduit sans interruption au Final Allegro vivo.

Ce très beau CD s’achève magistralement par la Suite concertante pour harpe du compositeur espagnol Manuel Moreno-Buendia, né en 1932. Cette œuvre écrite en 1958 pour commémorer le 400e anniversaire de la mort de l’Empereur Charles Quint, fut créée à Madrid en 1974 par l’Orchestre de la Radio-Télévision Espagnole sous la baguette de Jesús Lopez Cobos et la harpiste Marisa Robles (qui l’a enregistrée avec Charles Dutoit et le Philharmonia Orchestra chez Decca) ; c’est Gretchen Van Hœsen qui en assura la première américaine en 1990, à San Antonio au Texas. La partition qui évoque de manière très séduisante les temps médiévaux, est divisée en cinq parties aux noms plutôt imagés : Portico, Legend, Dance, Troubadouresque, Heraldic. Il n’est pas exagéré de dire que dans cette œuvre qui constitue une belle découverte, Gretchen Van Hœsen se montre tout simplement… impériale ! Quant au New Symphony Orchestra de Sofia, s’il n’est pas une formation très connue, sous la baguette inspirée de son chef Rossen Milanov, il assure constamment un soutien attentif, d’un bel équilibre et d’une remarquable cohérence à sa sympathique et talentueuse soliste.

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