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Henk Badings, le Hollandais étonnant

À emporter, CD, Musique symphonique

Henk Badings (1907-1987) : Symphonie n°9 (1960), Concerto pour alto (1965), Largo et Allegro (1935), Sérénade (1985). Gordan Nikolitch, violon, Orchestre d’Auvergne, direction Arie van Beek. 1 CD Polymnie POL620245, code barre : 3576076202459. Enregistré à l’Opéra de Vichy en 2006. Notice bilingue en français et en anglais. Durée : 58’30.

 

Il y a fort à parier que vous n’avez jamais entendu les œuvres ni même le nom de . Rassurez-vous, c’était également le cas de l’auteur de ces lignes avant d’écouter ce disque. Renseignements pris, notre homme était hollandais, géologue et musicien pratiquement autodidacte. Il a commencé à être joué par l’Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam en 1930, c’est dire l’importance du personnage. Il abandonna définitivement ses cailloux en 1937 pour ne plus se consacrer qu’à la musique, en tant que compositeur et enseignant. Après la seconde guerre mondiale, une attitude peu claire vis-à-vis des collaborateurs des nazis lui valut d’être éloigné du monde musical, et ce, jusqu’en 1947. Il occupa ensuite divers postes universitaires et fit des recherches dans le domaine des micro-intervalles (gammes à 31 notes) et utilisa l’ordinateur comme outil de composition, dès la fin des années cinquante. Personnage original pour le moins.

Paradoxalement, les œuvres présentées sur ce CD sont toutes « traditionnelles » dans la mesure où elles sont écrites pour cordes, où elles emploient ce qu’on appelle un système tonal « élargi » et où toutes les possibilités de jeu des instruments à cordes sont utilisées : glissandi divers, harmoniques, jeu à tel ou tel endroit du manche, …

Il y a bien un « style Badings », que ce dernier conserve tout au long de sa carrière, qui se reconnaît bizarrement par une quasi absence de référence aux grands musiciens du XXe siècle, Stravinsky, Berg, Messiaen, Boulez, Xénakis, … Si on tenait absolument à effectuer une comparaison, on pourrait peut-être dire que ses œuvres ressemblent à du Schœnberg première manière, en plus doux.

L’interprétation de l’ est sans histoire : le chef dirige ses troupes comme il faut et l’altiste Gordan Nikolitch donne une version du Concerto pour alto tout à fait convaincante. Tout ceci fait un album intéressant pour qui voudrait découvrir ce compositeur méconnu du XXe siècle.

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