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Quand Wilhelm Furtwängler dirige ses contemporains

À emporter, CD

Arthur Honegger (1892-1955) : Mouvement Symphonique n°3 H. 83. Karl Höller (1907-1987) : Concerto pour violoncelle n°2 en ré mineur op. 50. Paul Hindemith (1895-1963) : Métamorphoses symphoniques sur des thèmes de Carl Maria von Weber. Richard Strauss (1864-1949) : Métamorphoses. Wilhelm Furtwängler (1886-1954) : Te Deum. Ludwig Hœlscher, violoncelle ; Edith Mathis, soprano ; Sieglinde Wagner, contralto ; Georg Jelden, ténor ; William Dooley, basse. Chœur Philharmonique et Orchestre Philharmonique de Berlin, direction : Wilhelm Furtwängler et Hans Chemin-Petit (Te Deum). 2 CD Société Wilhelm Furtwängler SWF001/002. Pas de code barre : réservé aux adhérents de la SWF. Enregistré à Berlin entre septembre 1947 et mars 1967. ADD. Notices unilingues (français) excellentes. Durée : 73’44 ; 56’08.

 

Il n’est pas habituel d’entendre dans des œuvres du XXe siècle, et pourtant l’immense chef allemand participa activement à la défense de ses contemporains non seulement de culture germanique (Blacher, Fortner, Hindemith, Höller, Mahler, Pepping, Pfitzner, Reger, Schönberg, ), mais aussi d’autres horizons tels que Bartók, Honegger, Debussy, Prokofiev, Ravel, Sibelius, Stravinsky. Ce double CD de la Société nous en propose un panorama qui, s’il est immanquablement incomplet, n’en est pas moins passionnant.

composa trois Mouvements Symphoniques dont les deux célèbres premiers sont respectivement Pacific 231 et Rugby. Le Mouvement Symphonique n°3 (1932) est nettement moins connu, probablement parce qu’il a le malheur de ne pas porter de titre, et c’est bien dommage, car il nous révèle un Honegger de pleine maturité, parfaitement maître de son art. L’œuvre est en deux parties : la première Allegro marcato très sonore alternant rythmes accusés et lyrisme viril s’achève sur cinq séries d’accords percutants, et la seconde Adagio, plus calme, moins tendue, met en valeur un superbe saxophone que l’on retrouvera dans le Postlude d’Amphion. Elle fut commandée et créée par l’ sous la direction de le 26 mars 1933, et nous ne pouvons que nous réjouir de l’existence de cette excellente captation réalisée en public le 10 février 1952 où notre chef se montre parfaitement à l’aise dans une partition dont il dévoile toutes les subtilités avec vigueur et intensité, sans aucune lourdeur et avec un maximum de clarté des structures polyphoniques.

Ces mêmes qualités d’interprétation se retrouvent dans l’enregistrement du 16 septembre 1947 des Métamorphoses symphoniques sur des thèmes de Weber (1943) de , et celui du 27 octobre 1947 des admirables Métamorphoses (1945) de , ces dernières dévolues bien entendu aux seules cordes. Une découverte particulièrement bienvenue réside en cet ample Concerto pour violoncelle n°2 (1949) de Karl Höller, œuvre de près de 40 minutes, assez traditionnelle, voire conventionnelle, mais comblant l’oreille et l’esprit par son lyrisme raffiné, et dont cette magnifique exécution du 18 octobre 1949 par Furtwängler et le violoncelliste Ludwig Hœlscher pourrait en être la création.

Évidemment, dans cet album célébrant la musique du XXe siècle, la Société Wilhelm Furtwängler se devait de consacrer une place à une composition de l’illustre chef d’orchestre, et on peut toujours rêver à ce qu’aurait été, sous sa direction, une exécution de son Te Deum pour quatuor vocal, chœur et orchestre (1909), œuvre de jeunesse généreuse, sensible et émouvante, qui n’a certes ni la structure ni l’inspiration accomplies de la Symphonie n°2 (1945, révisée en 1951), et qui semble un peu décousue en comparaison (évidemment trente-six années les séparent), mais qui est digne de survivre par ses qualités de ferveur et de chaleur humaine. La direction de Hans Chemin-Petit, le re-créateur du Te Deum ce 12 mars 1967, est inspirée ; le Chœur Philharmonique de Berlin au rôle très important est superbe d’ardeur et les Berliner Philharmoniker ne le sont guère moins ; les solistes du chant, nettement moins sollicités, sont très corrects, hormis le ténor Georg Jelden à la voix ingrate, indiscrète (sa première entrée !) et pas toujours juste d’intonation ; et vous ne devinerez jamais qui – selon certaines sources – tient la partie d’orgue : en personne !

Au total, ce magnifique double CD est un témoignage incontournable de l’apport magistral de Wilhelm Furtwängler à l’art musical de son temps, et comme tel, il est inconcevable qu’il passe inaperçu, tout comme il se doit donc d’être absolument recommandé.

Visitez le site de la Société Wilhelm Furtwängler http : //www. furtwangler. net

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