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Intégrale Jean Cras suite

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jean Cras (1879-1932) : Hymne en l’honneur d’une sainte (a) ; Panis angelicus (b) ; Messe à quatre voix a cappella (c) ; Ave verum (d) ; Dans la montagne (e) ; Ave maria (f) ; Regina cœli (g) ; Marche nuptiale (h). Sophie Marin-Degor, soprano (b, c, d, f) ; Pierre Farago (b, d, f), Vincent Rigot (a, g, h), orgue ; Catherine Montier (d), violon ; David Lauer (e), ténor ; Le Madrigal de Paris, direction : Pierre Calmelet.

 

Les Clefs Resmusica

A côté de compositeurs tels que Ropartz ou Duruflé, le marin laisse une œuvre liée à sa foi catholique et fortement influencée par le chant grégorien. Peu d’éléments musicaux permettent de déceler l’influence du « maître » de – par ailleurs autodidacte jusqu’en 1901, c’est-à-dire jusqu’à 22 ans – Henri Duparc. Peut-être la musique du compositeur breton est-elle moins emprunte de modalité que celles de ses confrères susnommés. Elle rappelle, par l’originalité de ses couleurs – cf. le sublime Hymne en l’honneur d’une sainte – à quel point la création musicale du début du XXe siècle a été polymorphe. Les œuvres comprises dans l’enregistrement ont été écrites entre 1899 pour le Panis angelicus et 1925 pour l’Hymne en l’honneur d’une sainte. Parmi elles figurent notamment un Ave verum pour soprano, violon et orgue ainsi que 5 pièces pour chœur d’hommes regroupées sous l’intitulé Dans la montagne (L’appel de la cloche ; La route ; Un jeune sapin se balance ; Soir ; Nuit), seule œuvre profane de l’enregistrement, écrite sur des textes de Maurice Boucher, et qui frappe par son raffinement mélodique et la qualité de son figuralisme.

L’excellent Madrigal de Paris, toujours précis, autant dans l’intonation que dans la diction (comme en témoigne la Messe à quatre voix a cappella), est accompagné par Pierre Farago et Vincent Rigot, habitués à accompagner les offices, ainsi que par la soprano , le ténor David Lauer ou encore la violoniste Catherine Montier. La tâche des solistes est délicate dans cette musique, et leur discrétion – ainsi que leur excellence – est à souligner.

Concernant l’acoustique, l’église évangélique allemande se prête admirablement à l’enregistrement de la musique chorale. Peu de réverbération – mais aucune sécheresse – permettent à l’oreille d’entendre chaque son.

La notice biographique, riche de détails, permet de compléter la somme documentaire que constitue ce disque à côté des autres enregistrements consacrés à et édités par le label Timpani. Saluons la noble tâche que s’est donnée le label de diffuser une musique contre vents et marées, c’est-à-dire contre l’uniformisation de l’offre qui menace n’importe quelle discothèque.

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