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Des transcriptions pour varier les ampleurs

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Franz Schubert (1797-1828) : Wanderer-Fantaisie pour piano en do majeur D. 760 op. 15 ; Der Doppelganger (transcription de Liszt) ; Die Nebensonnen (transcription de Liszt). Franz Liszt (1811-1886) : Après une lecture de Dante, fantasia quasi sonata. Richard Wagner (1813-1883) : Tannhäuser, ouverture (transcription de Liszt). Ferenc Vizi, piano. 1 CD Satirino records SR 071. Code barre 3 760061 190719. Notice de présentation en français et en anglais. Durée : 64’01’’.

 

cd_ferenc_vizi-300x258À première écoute, l’auditeur peut avoir l’impression d’une fougue un peu partout, plus débordante qu’appropriée. En privilégiant la plasticité des volumes aux lignes et aux phrasés, le jeu de donne toute l’intensité requise aux moments les plus intenses. Mais à part de grandes effusions de plus en plus décomplexées, c’est plutôt en cherchant sa trame que nous pouvons trouver une émotion moins épanchée dans cet album.

C’est dans les subtilités du travail de transcription que Vizi mène son » Voyage ». Mais il est à peine conseillé de réécouter la version lied de Der Doppelganger avant la transcription pour piano seul. Au risque d’y trouver un piano trop accompagnant, l’exercice d’écoute peut amener à redouter une transcription banale, dont la ligne de chant resterait si peu solidaire des autres lignes. L’apport de Liszt est notamment dans la cohérence entre la ligne mélodique et l’accompagnement, comme si la première se déduisait du second. Et Vizi se place comme un fervent avocat des expériences sonores que cela permet.

« On s’efforcera, à l’exécution du texte, de bien assurer le legato spécial qui doit caractériser l’énonciation de ce douloureux dessin mélodique », peut-on lire dans l’édition de travail de Cortot de la partition de Liszt, Après une lecture de Dante. Plutôt qu’une énième interprétation scolairement soucieuse de se faire entendre pleine de fièvre, Vizi se fait plus troublé. De même, il se lance dans la transcription pour piano seul faite par Liszt de l’ouverture de Tannhaüser. Avec un toucher saturé mais parfaitement maîtrisé, il met à distance ses effets de lourdeur pour mieux faire entendre l’indigence du caractère superficiellement époustouflant de la partition de Wagner.

Tout ce qui fait la force et l’intérêt de cet album « Voyage » de est pourtant ce qui, dans sa première partie, peut le rendre rebutant : que l’ampleur défie les formes. À se demander si le caractère étriqué des premières plages n’a pas été fait exprès et si les débordements à suivre ne sont artificiels que pour l’envers du décor.

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