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Pour le son de Jean-Louis Capezzali

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 15-II-2008 : Serge Prokofiev (1891-1953) : Lieutenant Kijé, suite ; Benjamin Britten (1913-1976) : symphonie pour violoncelle et orchestre ; Bohuslav Martinu (1890-1953) : concerto pour hautbois et petit orchestre H. 353 ; Leos Janacek (1854-1928) : Taras Bulba. Xavier Phillips, violoncelle ; Jean-Louis Capezzali, hautbois ; Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Kazushi Ono.

Toujours occupé par la reprise de Cardillac de Hindemith à l’Opéra de Paris et une semaine après un très beau concert bruxellois avec son orchestre de La Monnaie, se présentait avec l’Orchestre Philharmonique de Radio-France pour un programme « première moitié du XXe siècle » qui a rencontré un beau succès de foule. Habitué au public plutôt guindé de nombreuses salles de concerts européennes, le commentateur pouvait se réjouir de croiser de nombreux jeunes visiblement venus de leur plein gré et non avec des groupes scolaires.

Prenant le taureau par les cornes, , n’hésita pas à dynamiter les tempi de la célèbre suite Lieutenant Kijé de Prokofiev. L’orchestre répondit plutôt bien, mais on regretta un manque de présence et de pugnacité des cuivres. Assez exigeante techniquement la pièce butait sur des musiciens pris à froid en début de concert.

Composée et créée par Rostropovitch dans des circonstances historiques à Moscou, la symphonie pour violoncelle et orchestre de Britten bénéficia de l’archer compétent de , l’un des disciples de « Slava ». Techniquement parfaite, cette interprétation manquait un peu de chaleur et de vécu humain, pour une pièce où il faut invoquer les braises de l’histoire. Hautbois solo de l’orchestre parisien, fit après la pause, un sort au délicat concerto pour hautbois et orchestre de Martinu. Sa sonorité limpide et sa capacité à varier les couleurs et les nuances séduisaient les tympans. Très inspiré par la motorique de l’œuvre, le chef japonais taillait à son soliste un accompagnement haute-couture à la fois dynamique et attentif.

En conclusion de cette soirée riche et variée en terme de programmation, Ono convoquait la totalité des effectifs de l’orchestre pour une exécution, du toujours spectaculaire, Taras Bulba de Janacek. Le fidèle des apparitions du chef nippon retrouvait les points forts du musicien : grande maîtrise de l’architecture et précision technique, pourtant, il manquait là encore le petit plus qui fait d’un beau concert, un grand moment.

Pour des oreilles éduquées par cet orchestre alors dirigé par Marek Janowski et désormais habituées aux phalanges belges et néerlandaises, il faut regretter une certaine baisse de niveau du « Philar ». Certes, il s’agit encore d’un bon orchestre, mais on coche tout de même une absence de personnalité sonore et un manque de présence de certains pupitres et notamment des cuivres, qui furent pourtant l’un des points forts de la seconde formation de la Radio nationale.

Crédit photographique : © Johan Jacobs

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