Musica2

Une musique charmante, et puis quoi

À emporter, CD, Musique symphonique

Gabriel Pierné (1863-1937) : Fantaine-Impromptu, pour violon et piano ; Sonate pour violon et piano ; Sérénade, pour violon et piano ; Berceuse, pour violon et piano ; Andante, pour violon et piano ; Quintette pour piano et cordes ; Pastorale, pour quintette à vents ; Canzonetta, pour clarinette et piano ; Sonata da camera, pour flûte, violoncelle et piano ; Prélude de concert, pour basson et piano ; Preludio e fughetta, pour vents ; Pièce pour hautbois et piano ; Pastorale variée, pour vents ; Solo de concert, pour basson et piano ; La Danseuse espagnole, pour violon et piano ; Giration, ballet ; Nuit divine. Étienne Plasman & Markus Brönnimann, flûte ; Philippe Gonzales, hautbois ; Jean-Philippe Vivier & Olivier Dartevelle, clarinette ; David Sattler & François Baptiste, basson ; Miklos Nagy, cor ; Adam Rixer, trompette ; Gilles Héritier, trombone ; Vincent Gérin, violoncelle ; Thierry Gavard, contrebasse ; Julia Knowles, harmonium et piano ; Rémy Franck, récitant. Quatuor Louvigny : Philippe Koch & Fabian Perdichizzi, violon ; Ilan Schneider, alto ; Aleksander Khramouchin : violoncelle. Christian Ivaldi, piano. 2 CD Timpani 1 C 1106 et 1 C 1107. Code barre 3 377892 311109. DDD. Notice de présentation en français et en anglais. Durée : 2h20’42’’.

 

En 1900, âgé de 37 ans, se prête à des formes plus ambitieuses. Du moins, son opus 36, la Sonate pour violon et piano, publiée en 1900, semble tenir d’une austérité nouvelle pour trouver une assise formelle dans un style élaboré, pas trop centré sur ses saveurs. Car la musique de Pierné est charmante. Et si le besoin se fait sentir d’y relever des pages plus ambitieuses que d’autres, c’est bien parce que le charme risque parfois de tourner en rond. Mais ceux qui, comme nous, ont découvert le second volume avant le premier, pourront toujours s’en réjouir : et les Solistes de l’ ne font pas l’intégrale de la musique de chambre de Pierné dans l’ordre chronologique, le charme d’un hypothétique métier progressant dans le temps ne risque donc pas d’être rompu.

Alors que nous trouvons, dans le volume 2, un CD 3 consacré aux œuvres pour violoncelle et piano et un CD 4 où sont réunies essentiellement des pièces avec vents, ici les CD 1 et 2 font la part entre les partitions pour violon et piano et les pages de Pierné pour les instruments à vent. Le Prélude de la Sonata da camera est édifiant par l’accomplissement de couleurs très élaborées. À côté, d’autres œuvres semblent tenues par des formes peut-être moins fascinantes parce qu’un peu plus résolues. Aussi, des pages certes aussi géométriques que Preludio e fughetta sont sidérantes, paradoxalement sûres et mystérieuses. Opus après opus, suivant un chapitrage alangui, les interprètes jouent le jeu, en adoptant tantôt des humeurs certes poseuses, tantôt des caractères heureusement typés. Mais si les saveurs sonnent quelquefois un peu « mijotées », le soin des musiciens est d’autant plus irréprochable que la partition vient assez rarement les tirer au-delà d’une posture concentrée sans retour.

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.