philharmonie de paris 0718

David Minetti est la clarinette rêvée par Mozart

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Sorèze, Abbaye-école. 03-VII-2008. Karol Beffa (né en 1973) : Dédale pour orchestre à cordes ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour clarinette en la majeur K.622 ; Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°3 « Héroïque » en mi bémol majeur op.55. David Minetti, clarinette ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; direction : Michael Klausa.

Festival Musique des Lumières 2008

Ce concerto de Mozart pour clarinette, œuvre si inspiré, nous en rêvions en plein air avec ce clarinettiste si passionnant depuis l’annonce du programme du festival. Dire qu’il a été à la hauteur des espérances est un rare bonheur. En Effet David Minetti, clarinette solo de l’Orchestre du Capitole enchante de sa présence de très nombreuses interventions solistes. L’entendre soliste au milieu de ses amis a été un moment bien agréable. Et les applaudissements de ses collègues après les dernières notes du concerto étaient sincères. La sonorité moelleuse de ce clarinettiste, son homogénéité sur toute la tessiture est un bonheur en soi, mais sa musicalité est hors du commun. Ce concerto si galvaudé sonne neuf sous ses doigts. La longueur de souffle lui permet des phrasés inouïs et sa capacité de coloration des sons est très rare. Mais encore plus extraordinaire sont ses audaces de nuances. La reprise du si beau thème de l’Adagio pianissimo est avec lui d’une douceur à peine palpable. Ce n’est qu’en retenant son souffle que l’on peut entendre le son si poétique et si délicat qu’il produit. Le plein air ajoutait encore à l’émotion.

L’Orchestre du Capitole de taille très réduite a fait de son mieux pour entourer cette interprétation si délicate. Mais malgré des efforts louables, Michel Klausa n’a pas pu éviter une certaine pesanteur et quelques imprécisions surtout chez les cordes. En entrée de programme la recréation pour orchestre à cordes de son Dédale, initialement écrit pour harpe et dix huit cordes solistes, a permis à de démontrer son aisance et sa facilité d’écriture. Pour terminer le concert l’interprétation de la Symphonie « Héroïque » de Beethoven, toujours avec un orchestre de taille modeste, a privilégié la précision de la construction et du rythme. Mais point trop de fougue et d’héroïsme dans cette proposition interprétative en somme plus classique que romantique. Un concert très agréable illuminé par un clarinettiste d’une rare sensibilité qui restera inoubliable en musicien mozartien accompli.

Crédit photographique : DR

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