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Hommage à Jeanne Demessieux

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jeanne Demessieux (1921-1968) : L’œuvre intégrale pour orgue seul. Stephen Tharp à l’orgue Georg Stahlhuth (1912) de l’église Saint-Martin à Dudelange (Luxembourg), et à l’orgue Aristide Cavaillé-Coll (1890) de l’abbatiale Saint-Ouen de Rouen. Poème op. 9 pour orgue et orchestre (1949), Jeanne Demessieux à l’orgue de la Société Cavaillé-Coll (1930) de la salle Pleyel à Paris, Orchestre radio symphonique de Paris, direction : Eugène Bigot. 1 coffret de 3 CDs (vol 1 & 2 SACD, vol 3 CD) Aeolus AE 10561, code barre 4026798105617, livret trilingue français/anglais/allemand, enregistré en juin 2004 et mai 2005 à Dudelange, en mai 2006 à Rouen, et le 4 mai 1952 à la salle Pleyel. Durée totale 3 heures et 3 minutes.

 

L’année 2008 marque les quarante ans de la disparition de grande artiste française, l’une des plus prestigieuses organistes du XXe siècle. Peu à peu reconnue comme tel, nous pouvons enfin depuis peu apprécier également ses dons de compositeur à l’orgue. Il y a seulement quelques semaines, un DVD nous proposait cette œuvre interprétée par Maxime Patel, sur l’orgue de l’abbaye de Waldsassen en Allemagne. De plus, de nombreux enregistrements de interprète ont été re-édités en CD par la firme Festivo, dont une intégrale César Franck, déjà signalée, merveilleusement captée en stéréo en 1959 par Decca à sa tribune de la Madeleine à Paris, et qui reste encore aujourd’hui une référence absolue (grand prix du disque 1960). Native de Montpellier, elle « montera » rapidement à Paris pour obtenir ses diplômes au conservatoire de Paris, pour le piano, puis l’orgue. Elle sera la grande élève de Marcel Dupré, jusqu’à ce qu’une brouille légendaire ne les sépare. Titulaire de l’orgue de l’église du Saint-Esprit à Paris, elle sera plus tard, en 1962, nommée à la tribune de la Madeleine jusqu’à sa disparition prématurée en 1968. La version qui nous est proposée ici, réalisée sur deux orgues est passionnante à tous points de vue. L’orgue de Dudelange s’inscrit dans une esthétique de type néo-classique, contemporaine des œuvres de Demessieux : Usage assez fréquent de mixtures bien timbrées en particulier. Le Cavaillé-Coll de Saint-Ouen de Rouen, lui illustre d’avantage la tradition de l’orgue symphonique français dont Jeanne Demessieux est issue par l’école de Dupré. Le rapprochement de ces deux orgues apporte une complémentarité opportune à cette œuvre. , organiste américain, a longtemps mûri ces pièces, les enregistrant sur trois années consécutives : son discours est profond, virtuose, et racé. Les œuvres de divisent en pièces de concert très virtuoses (études pour la pédale par exemple) et en pièces liturgiques (Te Deum, ou Méditations sur le Saint-Esprit). Ce coffret comporte sur le troisième CD, un document inédit enregistré en 1952 à la salle Pleyel : il s’agit d’une œuvre pour orgue et grand orchestre Poème op. 9 joué par Jeanne Demessieux elle-même sur l’ancien orgue de cette salle parisienne : Instrument d’importance de 70 jeux sur 4 claviers et pédalier édifié en 1930 par la société Cavaillé-Coll. C’est le premier et le seul enregistrement connu de cet orgue, d’autant plus précieux que cet orgue n’existe plus aujourd’hui, disparu de cette célèbre salle. Qu’est-il devenu ? Qu’en a-t-on fait, qui l’a récupéré ? Vit-il encore quelque part, ou a-t-il subi la dure épreuve de la destruction définitive ? En tout cas ce document nous le fait entendre, au travers de ce poème symphonique parfois grinçant, et qui sait, prémonitoire. Saluons également la belle présentation de ce coffret reprenant les célèbres fresques « Pentecôte » de Maurice Denis, réalisée en l’église du Saint-Esprit à Paris, où Jeanne Demessieux fût organiste. Une iconographie en harmonie avec sa musique. Justice est rendue à cette artiste d’exception, concertiste internationale, qui a su porter au plus haut son art musical dans le monde entier. En cette année Messiaen, on regrette d’autant plus l’intégrale pour orgue de cet auteur qu’elle devait réaliser, à la fin des années 60, un enregistrement dont elle disait elle-même : « qu’il serait le plus beau de sa carrière ». Elle n’en a hélas pas eu le temps, disparaissant le 11 novembre 1968.

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