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Couperin et le clavecin bien ordonné de Violaine Cochard

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

François Couperin (1668-1733) : Premier Livre, 2ème et 4ème Ordre (1713). Deuxième Livre, 9ème et 11ème Ordres (1716-1717). Violaine Cochard, clavecin. 2 CD Ambroisie AM 154. Code barre 8 22186 00154 7. Notice de présentation en français et anglais. Durée : 74’49’’et 51’52’’.

 

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livrait il y a quelques mois un premier disque consacré aux Ordres pour clavecin de , ayant enregistré en mai 2005 à l’église luthérienne de la Villette à Paris. Après les Ordres 1, 3, 6 et 7 (AMB 9989), toujours sur un clavecin de Laurent Soumagnac et à l’église luthérienne de la Villette à nouveau, la claveciniste a enregistré en juin 2007 les 2, 4, 9 et 11. Comme dans le précédent disque, les premiers Ordres sont précédés d’un Prélude de L’Art de toucher le clavecin comme pour faire entendre qu’en avançant dans les Ordres, cherche à préciser sa prosodie, à mieux pénétrer les motifs du compositeur.

Couperin était très attentif aux spécificités sonores du clavecin. Dans son traité L’Art de toucher le clavecin, il expliquait comment la tendresse, par exemple, devait s’aborder : «À l’égard des pièces tendres qui se jouent sur le clavecin ! Il est de ne pas les jouer tout à fait aussi lentement qu’on le ferait sur d’autres instruments ; à cause du peu de durée de ses sons. La cadence, et le goût pouvant s’y conserver indépendamment du plus, ou du moins de lenteur.» Aussi, en précisant les subtilités prosodiques imposées par le clavecin, Couperin décline une espèce d’art poétique, que l’enregistrement de Violaine Cochard semble supposer tant par son organisation que par sa facture. Quand La Séduisante prend la suite de L’Insinuante, c’est peut-être que l’explicite ne doit résulter jamais que d’un abord dissimulé. La prise de son essentiellement fiable, relaye un jeu d’autant plus élaboré qu’il doit souvent se laisser emporter par la complexité du propos. Au-delà des plages ponctuellement illustratives telles que Le Réveil-Matin, dont le figuratif semble occuper un statut tout festif, en suivant l’ordre des cahiers, en privilégiant les reliefs de leur ordonnancement à l’éclat de telle ou telle pièce, l’interprétation de Violaine Cochard est au plus avantageusement saisie par la tension entre le croquant des sentiments collectionnés et la marche de leur taxinomie.

Même si Violaine Cochard n’a pas pour objet de livrer un coffret avec l’intégralité des Ordres de Couperin, elle ne cède pas à la tentation du florilège qui, en l’occurrence, pourrait laisser la place au cabotinage. La claveciniste parcourt les Ordres pour le plaisir de leurs variétés et de leurs nuances.

 

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