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Vladimir Jurowski : Tchaïkovski en mode original !

À emporter, CD, Musique symphonique

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Hamlet op. 67a (ouverture et musique de scène) ; Roméo et Juliette, ouverture fantaisie (version originale de 1869). Tatiana Monogarova, soprano ; Maxim Mikhailov, basse ; Orchestre National de Russie, direction : Vladimir Jurowski. 1 SACD Pentatone PTC 5186 330. Code barre : 8 27949 03306 3. Enregistré à Moscou en septembre 2007. Notice trilingue (anglais, allemand et français). Durée : 60’01’’

 

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Ce disque est incontestablement un apport majeur à la discographie de la musique russe. Car au lieu de rabâcher des tubes symphoniques, il nous propose la version originale de Roméo et Juliette et l’intégrale de la musique de scène d’Hamlet de Tchaïkovski.

Composée en 1869 sur une suggestion de Balakirev, Roméo et Juliette subit deux révisions en 1870 et 1880. C’est cette dernière version qui est fréquemment jouée au concert. Plus courte et moins unie formellement, la version originale «souffre» d’une orchestration parfois un peu décousue. Soumise aux critiques sévères mais justes de Balakirev, la pièce fut modifiée pour arriver au chef d’œuvre universellement connu. Il est intéressant d’entendre cette version initiale d’autant plus que en livre une interprétation «russe» : énergique avec des contrastes très violents.

La musique de scène d’Hamlet est une belle rareté. Le compositeur, à l’instigation de son frère, envisagea de composer une musique inspirée de la pièce de Shakespeare. Tchaïkovski se frotta à l’ouvrage en 1888 suite à une lettre de l’acteur français Lucien Guitry qui devait venir à Saint-Pétersbourg pour jouer la pièce de théâtre et lui demandait d’écrire une musique spécifique. Si la pièce de théâtre ne fut pas jouée, le compositeur termina une ouverture créée au concert la même année. En 1891, la pièce de théâtre fut enfin programmée et l’artiste en régla la musique. Devant s’adapter à un effectif orchestral réduit, il modifia l’ouverture et écrivit seize autres morceaux : fanfares, entracte et mélodrames et scènes. Mais pressé par le temps, le compositeur recycla parfois des matériaux en provenance d’autres œuvres. L’oreille avertie reconnaîtra ainsi des thèmes tirés de la Symphonie n°3 et de l’Elégie pour cordes. Le talent de mélodiste de Tchaïkovski fait merveille tout comme son génie dramatique ; on admire la force du cortège funèbre d’Ophélie. L’orchestre réglé aux millimètres et engagé, sort toute sa palette de couleur pour rendre grâce à cette partition.

L’enregistrement bénéficie d’une belle prise de son. On imagine donc que ce disque marque, pour un bon moment, la discographie de ces œuvres à découvrir.

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