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Un rêve éveillé : le concert sorti du tableau

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Dietrich Buxtehude (1637-1707) 3 Sonates à deux violons, viole de gambe et basse continue BuxWV 271, 266 et 269 ; Ciacona en do mineur BuxWV 159 ; Johann Adam Reinken (vers 1637-1722) Hortus Musicus IV en do mineur et I en la mineur. La Rêveuse  : Stéphan Dudermel, Simon Heyerick, violon ; Florence Bolton, viole de gambe ; Angélique Mauillon, harpe triple ; Bertrand Cuiller, clavecin et orgue ; Emmanuel Mandrin, orgue ; Benjamin Perrot, théorbe et direction. 1 CD Mirare MIR074. Code : 3 760127 220749. Enregistré en juillet 2008 en l’église de Waly (55). Notice trilingue (allemand, anglais, français). Durée 67’22’’.

 

Buxtehude et Reiken ont été immortalisés sur un tableau de Johannes Voorhout, en train de faire de la musique avec quelques amis ou élèves. Mettant en doute et l’âge de Reiken et l’image de Buxtehude à la viole et non au chant, Gilles Cantagrel nous propose d’en faire des jumeaux musicaux ayant régné sur le nord de l’Allemagne du Nord pendant une quarantaine d’années. Le concert représenté sur cette toile peut donc être imaginé comme ayant été régulièrement donné chez l’un ou l’autre ou quelques mécènes. nous propose ici une superbe reconstitution. Le choix des œuvres est très représentatif de la partie la moins connue de Buxtehude mais certainement pas la moins inspirée. Car si l’orgue et le chant sont ces plus célèbres productions, sa musique de chambre est passionnante. Le style en miroir des deux compositeurs est agréable et plein de riches surprises. Les musiciens nous font partager le plaisir de ce rêve dans lequel image et musique se marient.

Les violons sont brillants mais sans aigreur, ils virevoltent élégamment et certaines phrases sont porteuse de belles émotions. La viole de Florence Bolton a cette douceur si caractéristique et est porteuse de mélancolie aimable. La direction de est souple et dansante et il sait rendre la basse continue riche et variée. La Ciacona en do mineur adaptée pour deux orgues offre un contraste bien venu et rappelle que l’instrument roi est le premier pour Buxtehude.

Le texte de présentation de Gilles Cantagrel est, comme, à son habitude, précis et enthousiaste. Quand les recherches musicologiques et musicales sont de cette qualité là le résultat est enthousiasmant. La prise de son est d’une grand précision et tout cela sonne comme si nous étions dans un beau salon de musique. Nous rentrons dans le tableau ou la musique en sort librement, c’est au choix…

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