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Une réalité songeante …

La Scène, Spectacles divers

Dijon, Théâtre des feuillants, 20-III-2009. Pedro Calderon de La Barca (1600-1681) : La Vie est rêve. Mise en scène, scénographie : Pierre Diependaële. Texte : Calderon. Traduction : Pierre Diependaële. Costumes et accessoires  : Françoise Dapp-Mahieu. Musique, régie son : Olivier Meyer. Régie lumière : Geoffrey Sorgius. Images : Yves-Marie Mahé. Production, réalisation : Marché aux Grains, théâtre à Bouxwiller. Avec : Rélu Brenière, Marie-Hélène Causse, Eric Houzelot, Aude Kœgler, Bénédicte Simon, Yann Siptrott, Florian Wormser, Louis Ziegler, Juan ignacio Davila V. et Maxime Knepfler.

La vie est rêve

L’Association Bourguignonne Culturelle (ABC) continue son exploration théâtrale en offrant aux Dijonnais un rêve éveillé ou plutôt une réalité onirique avec la fameuse pièce La Vie est un songe traduite ici par La Vie est Rêve dans la version du metteur en scène et scénographe Pierre Diependaële. Ce dernier porte en effet en haute estime cette œuvre de Calderon : «La Vie est Rêve est une des pièces majeures du théâtre européen. Sa fable, de portée universelle, tire son origine d’une très ancienne sagesse de l’Inde, transmise par la tradition du Moyen-Orient à l’Occident. Elle apparaît dans la Bible, avec Platon dans le «Mythe de la Caverne», les Mille et une nuits, le théâtre de Shakespeare…».

Cette pièce profonde et drôle à la fois – en témoignent les projections textuelles d’Yves-Marie Mahé par exemple – a été effectivement mise en scène de manière éloquente et colorée. En effet, les objets et décors, relativement simples (un lit, une table, un fauteuil et surtout un échafaudage, des portes sur roulettes, etc. ) de couleurs rouge, bleu, jaune orange et vert, changent de place grâce aux acteurs eux-mêmes qui assurent les divers déménagements.

De même, les bruits enregistrés et les différentes musiques jouent également un rôle important : du souffle aux ronflements, de la pièce dissonante enregistrée pour instruments acoustiques à celle pour guitare sèche jouée sur scène, d’une chanson à couleur hispanique accompagnée par la même guitare à des phrases chantées a cappella… tout contribue à la variété de ce spectacle très riche.

Les acteurs, très à l’aise, remplissent leur rôle à merveille, tour à tour, drôles – pensons à Yann Siptrott en valet Clairon – émouvants, comme Aude Kœgler jouant une Etoile sensible ou encore Bénédicte Simon en Rosaure désespérée face à son amour pour Astolphe interprété par un Florian Wormster à la noble prestance ; espiègle, à l’instar du vieux roi Basile, parfaitement habité par Louis Ziegler ! Quant à Rémi Brenière, il a vraiment su faire passer les tiraillements intérieurs de Sigismond, à la fois bestial et violent, tendre et déchiré… Son Précepteur, Clothalde, incarné de manière très juste par Eric Houzelot, montre également différentes facettes de caractères qui prêtent parfois à sourire.

Au final, une version très intéressante d’une pièce en or du Siècle d’Or espagnol où rêve et réalité se côtoient sur des questions existentielles qui restent toujours d’une actualité indéniable et qui renvoient à la tragédie au sens aristotélicien du terme…

Le public, venu nombreux, a montré son enthousiasme et son adhésion de manière éloquente par de chaleureux applaudissements. Et pour terminer, une rencontre avec l’équipe est proposée après la représentation. Elle a donné lieu à de riches échanges entre les spectateurs et l’équipe des artistes.

Crédit photographique : © ABC Dijon

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