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Lear, 30 ans après

À emporter, CD, Opéra

Aribert Reimann (né en 1936) : Lear. Wolfgang Koch, Köning Lear ; Magnus Baldvinsson, König von Frankreich ; Dietrich Volle, Herzog von Albany ; Michael McCown, Herzog von Cornwall ; Hans Jürgen Lazar, Graf von Kent ; Johannes Martin Kränzle, Graf von Gloster ; Martin Wölfel, Edgar ; Frank van Aken, Edmund ; Jeanne Michèle Charbonnet, Goneril ; Caroline Stallmeister, Cordelia ; Britta Stallmeister, Cordelia ; Graham Clark, Narr ; Chad Graham, Bedienter ; Nicolai Klawa, Ritter. Chor der Oper Frankfurt, (chef de chœur : Matthias Köhler). Frankfurter Museumorchester, direction : Sebastian Weigle. 1 coffret de 2 CD Œhms OC. 921. Code barre : 4. 260034869219. Enregistré live en septembre 2008 à l’opéra de Francfort. Notice de présentation en anglais et allemand. Texte chanté en allemand, traduction en anglais. Durée : 150’18

 

Il a osé ! Alors que Verdi, Britten, Berlioz et Debussy avaient été effrayés devant l’adaptation de Lear de Shakespeare, le compositeur allemand a relevé le défi et transformé l’essai. C’est le légendaire qui suggéra au compositeur, qu’il avait rencontré en marge d’un festival en 1961, de s’atteler à une adaptation de la pièce. D’abord sceptique, Reinmann rejeta l’idée avant d’y songer sérieusement, suite à différentes collaborations avec le chanteur. Il se mit à l’ouvrage en 1972 avec le dramaturge Claus H. Henneberg, à partir d’une ancienne traduction allemande de l’œuvre. Une commande de l’opéra de Munich concrétisa de manière ferme ce projet. En 1978, au terme de deux ans de travail, la partition fut donnée en première mondiale, sous la direction de et dans une mise en scène de (production immortalisée en disque chez DGG). Différentes reprises, de Düsseldorf à San Francisco, en passant par Paris et Londres, confirmèrent la portée de l’ouvrage. Bien que souvent mentionnée dans les histoires de l’opéra, cette partition peine à s’inscrire durablement comme un classique de la seconde moitié du XXe siècle. C’est tout l’intérêt de ce coffret discographique qui reprend la bande son d’un spectacle donné en ouverture de la saison 2008/2009 de l’opéra de Francfort.

La partition repose sur une orchestration dense et tendue qui semble mêler la radicalité d’un Penderecki aux préceptes du sérialisme. La fosse n’est pas sans évoquer Salome, Elektra et Wozzeck. L’instrumentation, assez colossale, offre une grande variété de percussions qui scandent la tragédie. La caractérisation des personnages est une autre force de cet ouvrage, avec une grande maîtrise des capacités vocales. La large palette des rôles nécessite des chanteurs de premier plan, à l’image de l’écrasant mais bouleversant rôle titre. Dès lors, en près de deux heures et demie, cet opéra assomme dramatiquement et musicalement les auditeurs.

Ce coffret, seconde version de l’œuvre en disque, apporte un éclairage contemporain, en complément de l’indispensable version de la création portée par Fischer Dieskau. De la solide distribution, on note l’endurance de en Lear et la vaillance vocale de Jeanne Michèle Charbonnet en Goneril. Dans tous les cas, la majorité des chanteurs fait partie de la troupe de l’opéra, ce qui témoigne de la richesse de ces compagnies, capables de distribuer quasi intégralement des partitions aussi redoutables. Les forces orchestrales et chorales de l’opéra de Francfort sont galvanisées par la direction engagée.

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