Jacques Loussier en Play Bach

À emporter, CD

Plays Bach/50th Anniversary Recording. , piano ; Vincent Charbonnier, contrebasse, André Arpino, batterie. 1 CD Telarc 83693. Code barre : 089408369322. ADD. Notice bilingue (anglais, allemand). Durée : 72’04’’

 

Jean-Sébastien Bach a toujours influencé les musiciens de tous horizons. au niveau du jazz est un des pionniers en la matière depuis 1959. Cet enregistrement est réalisé en l’honneur des cinquante ans de carrière du pianiste, et de son projet «Play Bach Trio». C’est avec la formation de 1993, André Arpino à la batterie et Vincent Charbonnier à la contrebasse, que sont présentées sur ce disque quelques-unes des pièces maîtresses qui ont fait le succès mondial de Jacques Loussier.

Bach se prête plutôt bien aux distorsions, expérimentations, et mariages divers (on pense à Ornette Coleman, aux Swingle Singers, ou encore à Lambarena), car sa musique, pour universelle qu’elle soit, «sonnera» toujours. S’inspirer de Bach? L’interpréter? L’arranger? Le parti pris n’est jamais définitif, et le trio Loussier tente toutes les possibilités. La plupart des œuvres pour clavier (ou transcriptions) sont fidèlement interprétées au piano, avec le simple ajout de la rythmique basse/batterie, qui place discrètement une pulsation ternaire, comme pour la Partita en mi Majeur et la Sicilienne en sol mineur. Les improvisations jazz s’invitent au centre de l’Invention à deux voix n°8, ou du Prélude n°2 en do mineur, la batterie propose une pulsation pop, dans le vivace du Concerto pour violon en do mineur, ou dans la Fantaisie chromatique. L’Ouverture, Adagio & Fugue, s’éloigne un peu mieux de la partition, qui devient enfin un prétexte à la re-composition, les thèmes servant davantage de citations, les interprètes laissant place à une invention plus leste.

On est à la fois ému de retrouver une esthétique qui a paru si novatrice à son époque, sans toutefois être capable de ressentir réellement la même excitation pour cette tentative de modernisation, qui paraît aujourd’hui quelque peu démodée. Entre temps, certains artistes comme le contrebassiste autrichien Peter Herbert, ou encore le saxophoniste français Raphaël Imbert, ont repris le flambeau avec audace. Leur modernité légitime finalement ce disque «Jacques Loussier, Plays Bach», dans le registre de la commémoration.

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