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Fanfaronnages escamotades

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jean-Louis Marchand (né en 1979) et Christophe Rieger (né en 1980) : To SR ; Régis Campo (né en 1968) : Les métronomes détraqués ; Christian Lauba (né en 1952) : Kora ; Peter Vermeersch (né en 1958) : Scrum ; Walter Hus (né en 1959) : Muurwerk ; Frédéric Lagnau (né en 1967) : Ou pas ; Peter Vermeersch (né en 1958) : Kwintet ; Thierry de Mey (né en 1956) : Palilalie ; Palindrome ; Fred Frith (né en 1949) : The as usual dance towards the other flight to what is not. Jean-Louis Marchand, clarinettes. Christophe Rieger, saxophones. Fred Frith, guitare électrique. 1 CD. Signature SIG 110547. Code barre 7 94881 92032 7. Notice de présentation en français et anglais. Durée : 52’54’’.

 

A priori, la rencontre des deux artistes de ce CD pourrait paraître hasardeuse. D’un côté, le clarinettiste , (dont le MySpace classe sa musique dans les catégories « Pop japonais / Post-punk / Surf »), qui se reconnaît toutes sortes d’influences, d’ à Franck Zappa en passant par Johannes Brahms ou Louis de Funès. De l’autre, le saxophoniste Christophe Rieger (qui prend pour tags : « Jazz / Down-tempo / Minimaliste ») compte, parmi ses mille web amis, Herbie Hancock, Charlotte Gainsbourg ou le .

Plus que des admirations identiques, les deux musiciens de Duadueduiduo partagent un éclectisme singulier et une réelle curiosité pour tous les répertoires, qui leur permet, depuis 2001, de « faire de la musique minimale avec une énergie maximale ». Ceci dit, si la forme doit faire chiasme avec l’attitude des musiciens, ce n’est pas pour le goût de la posture (ou par espoir d’imposture). Au contraire, ça coupe par là où ça tresse, ça secoue par là où ça paraît envelopper. C’est ainsi que la drôlerie est obtenue, avec les moyens de l’expérimentation et des finalités qui ne regardent personne.

Le disque se veut un « dialogue du souffle », et s’ouvre sur une pièce composée par les deux musiciens, To SR (en hommage à Steve Reich) : elle fait entendre les textures des clarinettes et saxophones par des rythmiques tellement régulières, qu’on dirait un orgue de barbarie ; comme un son de tuyau, une déréalisation du vent, une matérialisation libre amenant logiquement à la suite du CD. Dans Les métronomes détraqués de , il s’agit effectivement de s’affranchir des verticalités du tempo, pour tester des paliers de nuance, évoluer à l’intérieur pour entendre si, en sonnant, l’effet peut se développer. Le dépouillement ou l’exotisme de la pièce de le confirme : où qu’on aille, c’est à l’expérience que la musique renvoie la variété de ses impressions.

La composition du disque est aventureuse et sophistiquée : la courte pièce de Walter Hus (Muurwerk) est aussi méthodique que Scrum de Peter Vermeersch. Les deux pièces de , Palilalie et Palindrome peuvent paraître combinatoires… Cette combinatoire des modes d’attaque étonne d’ailleurs par les couleurs et les timbres. L’album se termine sur la pièce de , The as usual dance towards the other flight to what is not. C’est le moment où la guitare de , s’ajoutant aux deux ventistes, génère une ambiance « filmique ».

Afin de poursuivre l’exploration, a crée l’ensemble Les petits pas dans les grands alors que Christophe Rieger écrit aussi (et entre autres) pour La fanfare en pétard

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