tous les dossiers(1)

Nocturnes intimes de Fauré par Laurent Wagschal

À emporter, CD

Gabriel Fauré (1845-1924) : Nocturnes pour piano. Laurent Wagschal, piano. 1 CD Ut3 Records UT3-015. Code-barre : 5425012700154. Enregistré à la chapelle St. Margote à Wichelen (Belgique) en avril 2008. Notice bilingue (français, anglais). Durée : 78’

 

Les Clefs Resmusica

Composés de 1875 à 1921, les treize Nocturnes de permettent d’apprécier l’évolution du langage musical et les changements esthétiques du compositeur. Selon le pianiste , «les Nocturnes sont des pages intimes et introspectives. Chez Fauré, l’expression du sentiment est essentielle, mais selon une esthétique typiquement française d’où sont exclues toute grandiloquence et emphase». Un corpus visiblement apprécié des pianistes actuels, comme en témoigne l’album récent d’Emile Naoumoff.

Des cinq premiers nocturnes (composés entre 1875 et 1884, placés sous les influences de Chopin, Liszt et Schumann) jusqu’au dernier, l’opus 119 (aboutissement de son écriture pianistique, qui mêle un contrepoint robuste à un lyrisme intense), Fauré reste fidèle à ses convictions : «L’art a toutes les raisons d’être voluptueux, cependant on ne saurait interdire à ceux qui considèrent la vie sous un aspect plus grave de la traduire telle qu’ils la voient».

nous propose une lecture éclairée et inspirée de ces treize moments musicaux : dès le Nocturne n°1, en si bémol mineur, il nous immerge dans la gravité et la profondeur d’une page qui préfigure le climat du Requiem. Son toucher nous transporte encore plus dans l’exposition de la grande phrase initiale du Nocturne n°6 (phrase ô combien fauréenne !) : le pianiste distille admirablement les transparences harmoniques de cette page composée dans la tonalité fétiche du compositeur, ré bémol majeur.

Pour les quatre derniers Nocturnes, dont le sublime opus 119, Laurent Wagschal se montre plus éblouissant encore : la délicatesse de l’articulation (qui évoque celle de Marcelle Meyer) se conjugue à une expression subtile des nombreuses syncopes, provoquant la rupture voulue par le compositeur.

Une interprétation admirable doublée d’une prise de son cristalline !

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.