Fondation Bettencourt megaban2018

Quand trois génies s’associent pour le succès !

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Toulouse. Halle aux Grains. 28-V-09. Karol Beffa (né en 1973) : Concerto pour piano et orchestre (création mondiale). Claude Debussy (1862-1918) : Iberia ; La mer. Boris Berezovsky, piano ; Orchestre National du Capitole de Toulouse, direction  : Tugan Sokhiev

La création mondiale du Concerto pour piano et orchestre de , commande de et de l’Orchestre du Capitole a été un tel succès public que la ville rose est devenue capitale de la musique.

y joue la carte de la tonalité et de la virtuosité faisant de ce concerto un moment de plaisir. Après une introduction mystérieuse et insaisissable à la manière d’un chaos sonore qui a du mal à s’organiser, le piano a fait une entrée soliste apportant harmonie et délicatesse dans ce monde désolé. Cette partition permet au pianiste et aux instrumentistes d’échanger par groupes face au tutti ou au contraire d’unir les timbres en de courts instants de musique de chambre, le plus souvent avec une extrême virtuosité. La composition est brillante tout du long, très agréable et chacun au gré de ses références y verra un hommage à Ravel, Dutilleux, Gershwin ou Bernstein. L’art de l’orchestration de est subtil et parfois rutilant. Pas de révolution donc, mais un hommage inspiré au concerto grosso. Le dernier mouvement est le plus rythmique accumulant les syncopes et les contres-temps jusqu’au vertige. On y ressent un sentiment très contemporain, sorte de plaisir mêlé à une forme d’angoisse liée à la vitesse. Tout y va vite, mais nul ne sait où.

Le jeu de est sidérant de virtuosité tout comme de délicatesse avec une très grande amplitude de nuances. L’orchestre du Capitole joue avec les mêmes atouts et chaque pupitre, parfois sur des motifs de quelques notes, régale par son aisance. La direction de est d’une rigueur millimétrique dans les moments rythmiques diaboliques, mais il détend les tempi, surtout dans le mouvement lent central, pour faire ressortir toute l’élégance française de cette partition.

Dans la deuxième partie, confirme qu’il est un chef très à l’aise dans l’art du dosage des couleurs et des nuances demandées par Iberia et La mer de Debussy. Il nous propose avec son orchestre, qui le suit comme un seul homme, une lecture particulièrement vigoureuse qui joue la carte de la beauté des couleurs miroitant sous des lumières variées. Lumières d’Espagne de midi saturant les couleurs les plus vives, lumières douces et lunaires dans la nuit paisible de la fraîcheur des jardins. Le sens du rythme et de la fête extravertie prend tout son sens dans la direction dansée de Tugan Sokhiev. Mais c’est dans La mer que la splendeur de cette osmose entre un chef sensuel et un orchestre charmé va porter la musicalité à des sommets. La houle semble entrer dans la Halle aux grains, au milieu de couleurs somptueuses et de belles nuances. Impossible de citer les pupitres ou les solistes de l’orchestre car tous ont donné le meilleur d’eux même. La précision de la direction du jeune chef ossète souligne chaque détail l’inscrivant dans un ample mouvement théâtral. Un concert événement, donné à deux reprises, dont le public toulousain se souviendra longtemps en raison de la création d’un superbe concerto.

Crédit photographique : Boris Berezovsky © David Crook ; Tugan Sokhiev, Karol Beffa, Boris Berezovsky © Patrice Nin

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