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Une fin de saison euphorisante !

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Toulouse. Halle aux Grains. 25-VI-09. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour clarinette et orchestre en la majeur K. 622 ; Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°1 en ré majeur « Titan » ; David Minetti, clarinette ; Orchestre National du Capitole de Toulouse ; direction : Tugan Sokhiev.

L’enthousiasme déclenché par ce dernier concert de la saison symphonique a été tel que plus d’un spectateur, malgré la douceur de l’été naissant, n’avait hâte que de voir la rentrée de septembre arriver avec sa nouvelle série de concerts !

Le Concerto pour clarinette de Mozart a bénéficié de l’entente sidérante entre le soliste et le chef. Dès l’entrée de la clarinette de David Minetti la grâce est descendue auréolant d’abord le chef et les musiciens pour gagner un public retenant son souffle comme rarement. David Minetti nous avait déjà offert la clarinette rêvée par Mozart en plein air à Sorèze, l’été dernier. L’orchestre a cette fois ci été un partenaire attentif, solide et tendre. La direction de allie l’élégance à la fermeté des lignes. Son Mozart est fraternel et réconfortant. La structure ainsi dessinée il offre à son clarinettiste, car David Minetti est clarinette solo de l’Orchestre du Capitole, la liberté qui lui permet de sculpter l’interprétation la plus délicate et poétique qui se puisse rêver. Les audaces de David Minetti au niveau des nuances sont inouïes, comment ose-t-il ces nuances au bord du silence qui rendent la fragilité de l’âme humaine si présente ? La reprise pianississimo et sur le souffle, du magnifique thème de l’adagio coupe la respiration de l’auditeur et lui fait croire au bonheur céleste devenu présent. La technique fulgurante se fait oublier pendant l’audition mais à distance ajoutons qu’en plus de nuances extrêmes, la beauté du son jamais forcé, toujours naturel et élégant, pare l’œuvre de mille couleurs. La longueur du souffle est hors du commun. L’engagement du musicien est tel qu’il accompagne de tout son corps les bonheurs et les peines de la partition. Toutes les cadences sont réinventées et des abellimenti nombreux prouvent la délicatesse du musicien. David Minetti semble comprendre toutes les intentions de Mozart : la clarinette est ici sa voix, comme à l’opéra, une voix à l’immortel humanisme. Les ovations pour David Minetti ont décidé le clarinettiste à offrir un bis d’une délicate musicalité avec une Pavane du compositeur .

La deuxième partie du programme comportait la Symphonie n°1 de , œuvre dans laquelle tout le génie naissant du compositeur est déjà présent. Pour son entrée dans l’univers complexe de Mahler, a fait un très bon choix. La construction de cet ample cycle est limpide, les sonorités sont majestueuses ou étranges quand il le faut, le phrasé est finement réalisé, et les nuances complexes toutes magnifiées et subtilement dosées. L’orchestre est comme galvanisé par sa direction. La splendeur des sonorités, l’orchestre étant habilement spatialisé, submerge les auditeurs. Il manque encore un peu d’humour grinçant, d’autodérision et de noirceur typiquement Mitteleuropa au jeune chef pour en faire un grand mahlérien pourtant, dans cette œuvre optimiste et claire, son interprétation est très convaincante. Les pupitres des bois sont magnifiés dans cette partition et l’Orchestre du Capitole fait des merveilles. Les cors, superbes de précision et de sonorité amples, sont particulièrement remarquables. Ce sont les contrebasses avec Damien-Loup Vergne à leur tête qui laissent un souvenir irrésistible dans le début du canon sur Frère Jacques qui en mineur produit toujours un effet si dérangeant. L’osmose entre le chef et son orchestre a entièrement convaincu le public enthousiaste. La suite de cette entrée dans les symphonies de Mahler est annoncée avec la Symphonie n°4 la saison prochaine, elle aussi œuvre lumineuse. Cette première symphonie est bien plus qu’une promesse de réussite.

Un concert qui, affiché complet, a enthousiasmé l’heureux public toulousain.

Crédit photographique : David Minetti © DR

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