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La flûte enchantée, fluo et pas si folle

Festivals, La Scène, Opéra

Saint-Céré, Théâtre de l’Usine. 02-VIII-2009. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Die Zauberflöte, opéra en 2 actes sur un livret d’Emanuel Schikaneder. Mise en scène : Éric Perez. Décors et lumières : Patrice Gouron. Costumes : Jean-Michel Angays et Stéphane Laverne (Studio Fbg 22-11). Maquilleuse : Pascale Fau. Avec : Marion Tassou, Pamina ; Raphaël Brémard, Tamino ; Christophe Gay, Papageno ; Burcu Uyar, La Reine de la Nuit ; Patrick Schramm, Sarastro ; Dorothée Leclair, Première Dame ; Sabine Garrone, Deuxième Dame ; Mélodie Ruvio, Troisième Dame ; Alain Herriau, l’Orateur ; Marc Larcher, Monostatos ; Agathe Peyrat, Premier enfant ; Marielou Jacquard, Deuxième enfant ; Albane Meyer, Troisième enfant ; Samuel Oddos, Premier Prêtre / Premier homme d’arme ; Mathieu Toulouse, Deuxième Prêtre / Deuxième homme d’arme. Choeur et Orchestre du Festival de Saint-Céré, direction : Joël Suhubiette

La flûte enchantée

Pour cette production de La flûte enchantée et comme il en a la vocation, le Festival de Saint-Céré a constitué un plateau de jeunes chanteurs. Et comme pour faire la boucle avec l’argument, a conçu une mise en scène qui valorise justement la jeunesse des personnages en les projetant dans un espace scénique qui fonctionne comme un terrain de jeu. La scène est couverte de carrés noirs qui seront retournés tout au long de l’ouvrage pour qu’il soit tout en couleurs éclatantes à la fin… Avec ça, le fait d’avoir traduit les parties parlées en français et de les faire dire aux chanteurs avec le ton du conte, peut sembler forcer l’adresse aux enfants. Sinon que ces partis pris ont aussi un profit musical: comme les costumes créés par Studio Fbg 22-11 sont maxi-colorés et la mise en scène super-sautillante, il règne une légèreté générale qui permet à chaque passage de trouver ses subtilités propres. Les intrigues à l’initiative des Trois Dames au premier acte tournent à la farce avec gourmandise. De même, dans l’acte II, la rencontre et l’union de Papageno et Papagena offrent des moments de spectacle très jouissifs, comme une grâce inattendue qui tombe pourtant impeccablement dans un univers acidulé ludique, l’engagement scénique et la justesse expressive de étant plus que remarquables.

On peut regretter que certains passages laissent la fantaisie traîner, le tableau de l’initiation est d’une solennité qui tombe un peu à plat, à se demander pourquoi ils n’en faisaient pas plutôt une partie de marelle. Il n’empêche que fait une Pamina précise: quand elle chante ses doutes après la visite à Tamino silencieux, sa ligne mélodique est lumineuse, son phrasé suspendu, poignant, juste ce qu’il faut. Plus généralement, le plateau homogène et de très bon niveau permettait au public de faire connaissance avec de jeunes artistes au chant généreux. Et si nous resterons donc attentifs aux performances futures de (Papageno) et (Pamina), nous gardons aussi un souvenir marquant de la basse Patrick Schramm (Sarastro) et des trois chanteuses qui interprétaient les enfants (Agathe Peyrat, Marielou Jacquard et Albane Meyer). Même si on pouvait le sentir quelquefois gêné de ne pas être dans le champ de vision des chanteurs, avait beaucoup d’adresse à composer avec la mise en scène en dirigeant l’Orchestre du Festival de Saint-Céré avec finesse et fougue.

Crédit photographique: (Papageno) ; Marion Tassou (Pamina), Patrick Schramm (Sarastro), (Tamino) © Nelly Blaya

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