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Un phénix de l’orgue galant sur un instrument retrouvé

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Jean-François Dandrieu (1681-1738) : Suite en la majeur ; Suite en sol mineur ; Suite en ré mineur ; Offertoire pour le jour de Pâques « O Filii et Filiae ». Vincent Grappy à l’orgue historique Guillemin/Villard de Notre-Dame de Vierzon. 1 CD Vierzon (Association des amis des orgues du pays de Vierzon) HORT 542. Code barre 348772005428. Enregistré en 2008. Livret en français. Durée totale : 67’32’’

 

De l’ancien orgue de Notre-Dame de Vierzon, il ne restait apparemment rien hormis, et cela n’est pas rien, un somptueux buffet de huit pieds construit au XVIIe siècle. Au début des années 90, il fut décidé une reconstruction totale de la partie sonore et mécanique de l’instrument. Ce travail fut alors confié à Gérald Guillemin, qui s’était déjà distingué lors de divers chantiers de restauration, en particulier celui de Guimiliau en Bretagne. Pour des raisons de santé, il céda le chantier déjà bien avancé à Bernard Coquet, qui lui-même décéda quelque temps plus tard. C’est finalement Jean-Pascal Villard qui acheva et harmonisa l’orgue en 2002. C’est une réussite ! Une composition classique française, très complète répartie sur 4 claviers et pédalier, de quoi servir dans les meilleurs conditions le répertoire ancien de France et d’une bonne partie de l’Europe.

Parmi les compositeurs en phase avec ce type d’orgue, fait partie du nombre, et sonne ici dans toute sa plénitude. Il est vrai que le jeu de y contribue grandement, porté par la pâte sonore fruitée de l’orgue. Le toucher du clavier est vraiment fondamental dans l’approche de ces textes, et celui de l’organiste est ici excellent, par son art du discours, il nous livre ces suites de petites pièces en de fins microcosmes. Les grands jeux sur les anches sont souverains : une attaque à chaque note, comme il se doit, pour faire «parler» chaque tuyau, tel est bien la bonne manière, dictée par le «bon goût», tant disserté par les anciens maîtres. La musique de Dandrieu cherche à plaire, c’est le ton de l’époque, et encore plus à l’orgue, ce qui est moins évident bien sûr, au départ… Les nombreux mouvements de suites, permettent d’entendre les divers timbres de l’orgue, le nom des jeux à utiliser figurant dans le titre de chaque verset. Musique d’église certes, mais proche aussi du concert, témoignage d’une époque.

Ce disque est donc une double découverte : celle de l’orgue de Vierzon retrouvé, et celle du talent de . Dandrieu lui ? un must des mélomanes amateurs d’orgue, mais rarement joué avec autant de verve et de panache.

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