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Joyaux au Ballet de Paris : Lumineux

Danse , La Scène, Spectacles Danse

Paris. Palais Garnier. 01-XI-2009. Joyaux. Gabriel Fauré (1845-1924) : extraits de Pelléas et Mélisande et Shylock ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Capriccio pour piano et orchestre ; Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893) : extraits de l’opus 29 (mouvements 2, 3, 4 et 5 de la troisième symphonie). Chorégraphie  : George Balanchine. Costumes et décors : Christian Lacroix ; Lumières : Jennifer Tipton. Avec : Laetitia Pujol, Mathieu Ganio, Eve Grinsztajn, Yann Bridard, Émeraudes ; Aurélie Dupont, Mathias Heymann, Sabrina Mallem, Rubis ; Stéphanie Romberg, Karl Paquette, Diamants. Et le Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Orchestre de l’Opéra National de Paris, direction : Kevin Rhodes

En cette matinée de la reprise de Joyaux, le Corps de , bien rodé après une tournée à Montpellier et Grenoble, a été d’une qualité rare tant dans la recherche de la beauté purement esthétique que dans l’élaboration du style balanchinien.

En ouverture, Émeraudes confirmait le lyrisme attachant de , bien à l’aise dans un vocabulaire si français dans la chorégraphie, et Mlle Pujol, avec une toujours très sûre technique, respirait avec la musique, ce que l’on pouvait observer avec des bras mœlleux. Mlle Grinsztajn a plus encore séduit par des regards féminins, sensuels, et un abandon rare à son partenaire, , plus en retrait. Dans le Pas de Trois, remplaçant de dernière minute, a été bien volontaire et ne s’est pas laissé démonté par la difficulté de la tâche, portant avec souplesse Séverine Westermann et Mlle Dayanova, souriante et espiègle. M. Ibot a des qualités dont ne peut se passer un corps de ballet, du balon, une grande vivacité et une certaine présence. On aura eu le plaisir de le remarquer dans les trois ballets.

Dans Rubis, on ne pouvait que s’extasier devant l’exécution impeccable de de son rôle de soliste. Elle y fut admirable. Sans vulgarité, et avec une justesse dans les pas que n’ont pas certaines Étoiles, elle offrait un personnage haut en couleurs au caractère extraverti, mais avec un recul et une profondeur qui étaient dignes des titulaires du rôle. Mlle Dupont, avec un talent plus discret, mais avec une verve et une vélocité importantes, partageait le devant de la scène avec , peut être trop doué pour ce genre de rôle. Là où le second degré culmine et où la complicité est à son comble, on ne pouvait que reconnaître ses talents qui entravaient quelque peu la spontanéité de la danse, à vouloir démontrer les facultés purement techniques.

Enfin, dans Diamants, , remplaçant qui avait déjà dansé le rôle, déclinait les grandes évolutions dont il a été capable ces dernières années. Il s’est incroyablement amélioré, autant dans la propreté de ses pas que dans le partenariat, dont maintenant on ne pourrait remettre en cause son statut de Premier Danseur. Une certaine émulation entre les danseurs solistes dans ce rôle a vouloir rajouter quelques difficultés (comme la rotation de la tête lors des tours à la seconde, finalement peu français dans l’esprit) rajoute du piquant à l’ensemble, et l’on constate que M. Paquette est désormais un soliste de premier ordre. Mlle Romberg a été très inspirée ; avec une pointe solide ainsi qu’un dos bien amarré, on n’a jamais craint les vicissitudes de la chorégraphie, et l’on a ainsi pu apprécier un intéressant travail sur le regard et avec le partenaire. Dans le corps de ballet, Mlle Dayanova fut éblouissante, notamment dans ces pas de caractère qu’elle dispensait avec une générosité rare et un épaulement de référence.

Crédit photographique :  ; Corps de Ballet© Agathe Poupeney / Opéra national de Paris

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