Présences répond présent

Concert, La Scène, Musique symphonique

Paris. Maison de Radio France. 15-XI-2009. Peter Eötvös (né en 1944) : Lévitation ; Solitude/Magány (In Memoriam Kodály) ; Frank Zappa (1940-1993) : Romantic medley ; Igor Stravinsky (1882-1971) : Quatre chants paysans russes ; Les Soucoupes ; Bela Bartók (1881-1945) : Les Noces/Scènes de village. Simon Fournier, récitant ; Sabine et Wolfgang Meyer, clarinettes ; Ensemble vocal féminin Héliade (chef de chœur : Elène Golgevit) ; Maîtrise de Radio-France (chef de chœur : Sofi Jeannin)  ; Orchestre Philarmonique de Radio-France, direction : Peter Eötvös

Festival Présences 2009/10

Le chœur était mis à l’honneur lors de ce concert de la XXème édition de Présences, festival de création musicale honorant cette année le compositeur Frank Zappa. Et si le public semble avoir apprécié la qualité de la musique proposée et de son interprétation, être bruyant comme il l’a été pendant le concert n’est pas la meilleure façon de remercier les artistes.

Peter Eötvös ouvrait ce concert, dirigeant la création française de sa pièce Lévitation. Inspiré par les personnages et objets flottants de Chagall, jouant habilement avec les effets inhabituels que peut fournir l’accordéon, autant par les variations continues des nuances, l’extrême aigu de sa tessiture et les accords prolongés à l’infini, il nous propose une œuvre en effet flottante, presque immatérielle, et séduisante par la transe qu’elle semble en mesure de nous faire connaître. L’orchestre à cordes et les deux clarinettes solistes, par leurs chromatismes, leurs mouvements cycliques, se fondent admirablement dans ce monde glissant de Peter Eötvös, qui contraste fortement avec sa direction sobre et précise, portée par de très bons musiciens de l’Orchestre Philarmonique de Radio-France.

Après la création française, la création mondiale : Romantic medley, de Frank Zappa. Cette œuvre, humoristique depuis son titre (les trois parties étant tout de même baptisées Penis dimension, Teen-age prostitute et Dirty Love) jusqu’aux gémissements évocateurs des chanteuses, ainsi que le récitant, se prenant, pendant Dirty Love, pour Tom Jones dans Sex Bomb, fait rire de bon cœur pour qui prend connaissance du texte et parle suffisamment bien l’anglais. L’excellent Ensemble vocal Héliade, dont les membres apparaissent talentueuses, énergiques et passionnées, contribue en grande partie à ce succès. Les qualités du récitant, Simon Fournier, furent moins éclatantes, mais son bon jeu d’acteur nous permit tout de même de passer un bon moment.

La deuxième partie du concert proposait tout d’abord deux œuvres très courtes : des chansons, imprégnées de musique populaire russe, de Stravinsky, et une pièce d’Eötvös, douce et lancinante, pour chœur d’enfants, chantée par la Maîtrise de Radio-France. Dans les deux cas, une réussite. Puis, la dernière œuvre rassemblait l’ensemble des musiciens de la soirée, dirigés de nouveau par Peter Eötvös : Les Noces de Bartók, entre les mouvements desquels furent intercalés quatre Scènes de villages. Les mouvements énergiques que comporte la pièce furent bien menés par les musiciens et les chanteurs. Les quelques passages plus lents du morceau, comportant des chanteuses solistes accompagnées par l’ensemble instrumental, connurent quelques longueurs qui ne sont tout de même pas allées jusqu’à gâcher cette belle fin d’après-midi.

Crédit photographique : Peter Eötvös © Andrea Felvégi

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