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Wilhelm Furtwängler et l’enjeu spirituel de Beethoven

À emporter, CD, Musique symphonique

Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n. 2 en ré majeur op. 36 ; Symphonie n. 8 en fa majeur op. 93. Orchestre philharmonique de Vienne, Kensertförenings Orkester, direction : Wilhelm Furtwängler. 1 CD Société Wilhelm Furtwängler. Référence SWF 091. Enregistrement public du 3 octobre 1948 à la Royal Albert Hall, Londres et du 13 novembre 1948 au Konserthus, Stockholm. ADD (Mono). Notice bilingue (français, anglais). Durée : 58’11’’.

 

Comme l’écrit Elisabeth Furtwängler, il est absolument impossible d’imaginer sans Beethoven et d’ailleurs aujourd’hui on ne peut pas penser à Beethoven sans faire référence aux interprétations du chef allemand. Ces dernières sont exemplaires d’une certaine idée de direction d’orchestre qui privilégie l’unité de l’œuvre et révèle la simplicité profonde du langage beethovénien.

Pour Furtwängler, jouer Beethoven, c’était avant tout retrouver ses idées et leur ordre ; dévoiler les différences des thèmes, leurs conflits et rencontres pour en suite les replacer à l’intérieur d’une unité supérieure.

A la recherche de «l’enjeu spirituel» plutôt que d’une exécution objective vouée au respect du texte, il en met donc en évidence le «dramatisme» : alliance parfaite d’esprit dionysiaque et apollinien.

Une conséquence importante de ces recherches est sa conception des tempi en tant qu’expression nécessaire et fluctuante de l’Idée. Si on lui a souvent contesté ses choix, cet enregistrement montre bien que son interprétation n’est pas plus lente ou plus rapide que celle de la plupart de ses confrères. Il en donne fortement l’impression à travers son art d’accompagner un accelerando avec un crescendo et un ritardando avec un diminuendo, mais ce genre de critiques ne le touchaient pas davantage car sa priorité était de réconcilier l’auditeur avec le génie et le dramatisme du compositeur.

Contrairement aux affirmations de nombreux musicologues, il est faux que Furtwängler détestait ces deux symphonies. Tout simplement, comme le montre un recensement de ses interprétations, elles n’étaient pas les plus jouées. En tous cas ces interprétations de 1948 révèlent le caractère le plus prégnant de chaque symphonie. Dans la Symphonie n°2, le chef d’orchestre souligne la fraîcheur de l’œuvre et l’influence de Haydn ; dans la Symphonie n. 8 qui se dégage nettement de la version de 1953 avec la Philharmonie de Berlin, il montre très clairement comment les thèmes se développent les uns par rapport aux autres dans une apparente insouciance du tempo. Le «manque d’habileté» de l’orchestre suédois dans quelques passages, n’enlève rien à son admirable énergie et à une interprétation riche et sans doute incomparable.

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