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La Vérité 25X par seconde de Frédéric Flamand : Danse avec les échelles

Danse , La Scène

Paris. Théâtre national de Chaillot. 01-IV-2010. Ballet National de Marseille : La Vérité 25X par seconde. Concept et chorégraphie : Frédéric Flamand. Concept scénographique : Ai Weiwei. Conseiller artistique : Bernard Degroote. Conseiller musical : George van Dam. Musiques : Heinrich Biber, Biosphère, Robert Henke, Pietro Locatelli, Pan Americain, Fausto Romitelli, Igor Stravinsky, George van Dam. Musiciens live : Yutaka Oya, piano ; George van Dam, violon. Danseuses : Katharina Christi, Malgorzata Czajowska, Noémie Ettlin, Nonoka Kato, Yoshiko Kinoshita, Béatrice Mille, Valentina Pace. Danseurs : Davis Cahier, Yasuyuki Endo, Vito Giotta, Gabor Halaz, Martin Harriague, Benjamin Kahn, Marcos Marco, Angel Martinez, Nahimana Vandenbussche

Après le Luxembourg, confie la première française de sa création pour le Ballet national de Marseille au Théâtre de Chaillot. Au programme, une forêt d’échelles…

Lorsque , directeur du Ballet national de Marseille, a choisi le célèbre plasticien chinois Ai Weiwei pour la scénographie de sa prochaine création, il a avoué sa perplexité devant la proposition de celui-ci : une forêt d’échelles de chantier en aluminium. Vous savez, ces échelles banales et légères que l’on monte et l’on démonte sur les échafaudages ? Le chorégraphe avoue que lui-même et ses danseurs ont mis plusieurs mois à les apprivoiser, à les dompter, pour savoir qu’en faire sur scène. Au vu de la première française de La Vérité 25x par seconde, force est de reconnaître qu’ils ont échoué. Les échelles sont certes omniprésentes, mais n’apportent pas de sens – elles sont décoratives et anecdotiques.

Le démarrage du ballet, qui met l’accent sur ces échelles enchevêtrées en de savants assemblages, est terriblement poussif. On peine à distinguer des formes chorégraphiques, une véritable direction dans ce qui ressemble à des expérimentations formelles. L’horizon se dégage peu à peu vers des moments plus épurés et plus lumineux, où l’utilisation de la danse se fait plus assurée. Il faut dire alors que les échelles ont reflué vers les cintres, laissant le plateau libre. L’écriture chorégraphique de Frédéric Flamand sied davantage aux garçons, auxquels il réserve plus d’ampleur, qu’aux filles de la compagnie, dont le niveau technique est assez bas. La danse des garçons est athlétique et douce à la fois, tandis que celle des fille, moins harmonieuse, plus saccadée, joue sur le muscle, l’hyperextension et l’en-dedans. Le dernier quart d’heure du spectacle, qui renoue avec les expérimentations formelles du début, est truffé de longueurs et de redondances.

L’éclatement stylistique de cette création est renforcé par le choix du répertoire musical, très éclectique, interprété en live au piano et au violon. De la musique industrielle aux acrobaties sur les échelles à la musique romantique pour les ensembles dansés, apaisés. Enfin, l’apport de la vidéo, vanté dans le programme comme évoquant la vidéo surveillance, est inexistant. Avec cette création inutile, Frédéric Flamand rate sa cible…

 

Crédit photographique : © Pipi Pipitone

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