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Le Petit Chaperon rouge de Georges Aperghis

La Scène, ResBambini, Spectacles Jeune public

Paris, Opéra-Comique, 17-V-2010. Georges Aperghis (né en 1945) : Le Petit Chaperon rouge, théâtre musical d’après le conte de Charles Perrault. Mise en scène : Georges Aperghis, Assistant : Marcus Gammel. Avec : Ensemble Reflex : Fanny Paccoud, violon ; Pierre Lambla, tuba et saxophone ; Pierre Lassailly, Mathieu Steffanus, clarinettes ; Sophie Liger, Hélène Schwartz, pianos.

Ce «théâtre musical» bref, qui dure à peine 45 minutes, a ravi les tout petits venus envahir la Salle Favard, mais aussi les grands qui les accompagnaient. Sur la scène, face au spectateur, un piano droit dénudé dont on voit les cordes, prolongé sur les deux côtés par des tissus noirs. Le tout sert de voile de prestidigitateur, derrière lequel apparaissent toutes choses : personnages, accessoires, voix, mais aussi musique.

La musique, justement, est «purement» contemporaine, si on peut la qualifier ainsi. Mais associée à une mise en scène ingénieuse du compositeur lui-même, cette musique qui, a priori, «fait peur aux gens», car atonale et presque sans mesure, se transforme en un décor, un accessoire ou un rôle à part entière et s’intègre très naturellement dans ce conte-théâtre.

Les six musiciens de l’Ensemble Reflex jouent à tour de rôle – avec maestria – les trois personnages : le Petit Chaperon rouge, le Loup, la Mère-grand (et un quatrième, une sorte de narrateur portant un masque de Donald Duck). Chacun de ces personnages est toujours en double ou en triple ; on voit par exemple deux Petits Chaperons rouges en même temps, certainement pour des raisons musicales, sans pour autant perturber la compréhension de l’histoire. Ces rôles ne sont pas fixes et les musiciens-acteurs les intervertissent. Leurs accessoires sont plus ou moins inattendus : masque de loup en plastique, drap, choux, poireau, carottes… mais aussi un tuba dont l’embout est relié à un long tube, grâce auquel on en joue à distance. Le jeu physionomique est très cocasse, au grand plaisir des enfants. Les interprètes se déploient sur toute la scène, avec des mouvements tantôt dynamiques, tantôt posés, tout en jouant de leur instrument. Ils récitent également des vers de Perrault de diverses façons et chaque «séquence» du conte est répétée plusieurs fois, sous la forme de variations très libres, ce qui offre au spectateur différents univers sonores sur un même motif, en l’occurrence, les paroles.

Le compositeur d’origine grecque , magicien du son, a ainsi montré, avec beaucoup d’éloquence, comment transformer la musique contemporaine en amusement. Chapeau… pardon, chaperon !

Crédit photographique : © Opéra-Comique, Paris

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