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L’heureux cinquantième du romantisme pianistique !

À emporter, CD, Musique symphonique

Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Intégrale de l’œuvre concertante pour piano et orchestre. Stephen Hough, piano. Minnesota Orchestra, direction : Osmo Vänskä. 2 CD Hyperion. Référence : CDA67711/2. Code barre : 0 34571 17711 3. Enregistré en concert en 2009. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Durée : 141’10

 

La série des concertos pour piano «romantiques» du label anglais Hyperion est assurément l’un des évènements éditoriaux majeurs de ces dernières années. Avec patience, méthode et avec des artistes fidèles et ultra-compétents, Hyperion a pu offrir une chance à des œuvres tombées dans un oubli parfois total !

À l’occasion de sa cinquantième parution, cette collection peut se payer un superbe cadeau d’anniversaire : une intégrale des œuvres concertantes de Tchaïkovski !

L’idée est excellente car, à l’exception de l’illustre concerto n°1, les intégrales de ces œuvres du compositeur n’encombrent plus les bacs des disquaires. La discographie restait dominée par la vénérable somme laissée par le légendaire Emil Gilels accompagné par Lorin Maazel (EMI désormais disponible dans un coffret «Icon»). On dénombre aussi quelques tentatives émérites, disponibles au gré des rééditions économiques, de : Mikhail Pletnev et Vladimir Fedosseyev (Virgin), Gennady Rozhdestvensky et son épouse Viktoria Postnikova (Decca), Peter Jablonski et Charles Dutoit (Decca) ou Peter Donohœ et Rudolf Barshai (EMI). D’un autre côté on peut regretter la disparition de disques qu’on aurait aimé réentendre : Werner Haas et Eliahu Inbal (Philips), Barry Douglas et Leonard Slatkin (RCA) ou encore Elisabeth Leonskaja et Kurt Masur (Teldec).

Dans ce cadre, la tornade déclenchée par Steven Hough et emporte presque tout sur son passage ! Le chef et le pianiste apportent une vision cohérente qui se concentre sur le seul geste musical. Et l’on peut écrire que cela décape sec, expurgeant le côté ronronnant de certains passages du concerto n°2 ou impulsant une énergie savoureuse au concerto n°1. Dans cette dernière œuvre, certains cogneurs des claviers ont poussé le bouchon encore plus loin (genre Matsuev/Temerkanov ou Volodos/Ozawa), mais ce qui fait la réussite de ces nouveaux disques, c’est la cohérence des interprètes tout au long de ce cycle. On peut ainsi admirer le talent du pianiste qui parvient à conjuguer une vélocité et une capacité à structurer des œuvres plus décousues et un orchestre qui possède toutes les qualités dans les détails et dans les tutti ! De plus, chef et soliste sont parcourus par une électricité de tous les instants qui porte ces œuvres dans une tornade musicale.

En complément du triptyque, les artistes offrent la rare Fantaisie concertante de 1884 et aussi deux éditions complémentaires du mouvement lent «andante non troppo» du concerto n°2. En effet, dès la création de l’œuvre, des voix s’élevèrent pour critiquer la longueur et le manque d’importance de la partie de piano. Son ami et élève Alexandre Siloti procéda à une révision avant que n’en réalise lui-même une édition. Si l’exécution complète de la pièce reprend les notes du compositeur, le pianiste tenait à proposer, en complément, ces deux options.

Comme ces concerti ont été gravés en concert (excusez du peu ! ), le pianiste adjoint deux petits bis : ses transcriptions de deux mélodies.

Il va sans dire que ce double album est une consécration artistique et une référence qui risque de le rester pendant un bon moment.

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