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Grand Prix Lycéen des compositeurs 2011 : large majorité pour Thierry Machuel

Concours, La Scène

Pour la remise du Grand Prix Lycéen des compositeurs, c’est le Théâtre du Châtelet, en présence de son directeur Jean-Luc Choplin et de l’adjoint à la culture de la ville de Paris Christophe Girard qui accueillait 1200 lycéens de la France entière.

Rappelons que cette action d’envergure est menée depuis maintenant douze années par «La Lettre du Musicien» et sa directrice de rédaction Michèle Worms soutenue, entre autres partenaires, par la SACEM, Musique Nouvelle en liberté et Mécénat Musical Société Générale ; elle permet chaque année à des milliers de jeunes (92 lycées) inscrits à l’option musique du baccalauréat de découvrir la création contemporaine à travers une sélection de sept CD et la rencontre in situ des compositeurs nominés dans les salles de classes. Faite autour des musiques de , , , , , et , la sélection offrait comme chaque année un panel très large de la création d’aujourd’hui mêlant les genres, les formations et les esthétiques les plus diverses.

Excepté , souffrant, tous les compositeurs étaient réunis autour de Dominique Boutel – y compris , le lauréat 2010 – pour un débat assez sympathique de deux heures avec les jeunes mobilisés devant les micros pour poser leurs questions. Elles tournaient autour du «mystère» de la création : le comment et le pourquoi de l’écriture, l’inspiration, l’implication sociale du compositeur, les nouvelles technologies, l’improvisation et l’éternelle dichotomie entre le pensé et le senti… laissant s’exprimer les sensibilités de chacun et suscitant quelques belles sorties du magnétique dont le verbe haut et percutant – mais néanmoins très chaleureux – n’a pas manqué d’interpeller les jeunes oreilles.

Leur choix s’est porté cette année, et à une très large majorité, sur l’œuvre chorale Paroles contre l’oubli (Clef ResMusica) de (né en 1962) dont on connait l’engagement presque exclusif pour la musique chorale ; ce cheminement atypique dans le paysage de la création d’aujourd’hui l’a amené à travailler avec les détenus de la Prison Centrale de Clairvaux dans le cadre de sa résidence au Festival Ombres et Lumières de l’Abbaye. Il y anime depuis plusieurs années des ateliers d’écriture avec Anne-Marie Sallé dont témoigne le DVD inclus dans l’album ; c’est à partir des poèmes écrits par les prisonniers qu’a été conçu le cycle Paroles contre l’oubli, dix pièces chorales a cappella enregistrées sous le label Aeon par dirigés par  : un choix de la jeunesse qui s’oriente ici vers la profondeur voire le tragique d’un propos dont la musique de Machuel capte toute la charge émotive.

Après l’effervescence du déjeuner, l’écoute était de nouveau très concentrée pour la création de l’œuvre commandée à Freewheel (Roue libre) donnée sous la direction du compositeur. Ce violoniste et improvisateur, membre du groupe Caravaggio, réunit, dans une nouvelle pièce plutôt décapante, deux clarinettes (ou clarinettes basses) effrénées, tenant le devant de la scène – infatigables Mathieu Fèvre et Morenn Nedellec – contrées par les énergies formidables de deux percussionnistes, Guillaume le Picard et César Carcopino éprouvant les capacités résonnantes des grosses caisses et autres bongos ; au centre, une basse électrique – celle de Bruno Chevillon, membre du groupe Caravaggio – s’évertuant, dans une performance assez spectaculaire, à hybrider les timbres et raviver les couleurs par ses traitements électroniques : l’œuvre est à haut voltage, libérant un flux énergétique continu mais clairement articulé par les relances des clarinettes ; de quoi captiver l’écoute d’un auditoire dont Benjamin de la Fuente sollicitait assez habilement la participation sonore aux trois quarts de l’œuvre. Selon le rituel instauré au fil des années, nous réentendions l’œuvre une seconde fois après les commentaires éclairants du compositeur très en phase avec la situation.

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