tous les dossiers(1)

Frederick Delius à son sommet avec Sir Thomas Beecham

À emporter, CD, Musique symphonique

Sir Thomas Beecham – English music. Frederick Delius (1862¬-1934) : Over the Hills and Far Away ; Sleigh Ride ; Brigg Fair ; Florida Suite ; Marche Caprice ; Dance Rhapsody n°2 ; Summer Evening ; On Hearing the First Cuckoo in Spring ; Summer Night on the River ; A Song before Sunrise ; Fennimore and Gerda – Intermezzo ; Irmelin Prelude ; Songs of Sunset ; Dance Rhapsody n°1 ; Violin Concerto ; The Song of the High Hills ; On the Mountains ; A Village Romeo and Juliet, Sea Drift. Edward German (1862¬-1936) : Gypsy Suite. Granville Bantock (1868¬-1946) : Fifine at the Fair. Arnold Bax (1883-1953) : The Garden of Fand. Lord Berners (1883-1950) : The Triumph of Neptune (extraits). John Cameron, baryton ; Maureen Forrester, contralto. Gordon Clinton, baryton ; René Soames, ténor ; Lorely Dyer, soprano. Jean Pougnet, violon. Royal Philharmonic Orchestra, London Philharmonic Orchestra (German, Berners), direction : Sir Thomas Beecham. 1 coffret de 6 CD EMI Classics 9099152. Code barre : 5099990991523. Enregistré entre 1946 et 1957. ADD [mono et stéréo]. Notices trilingues (anglais, allemand, français) bonnes. Durée : 07h06

Dossier : T. Beecham

 

Les Clefs Resmusica

Pour le cinquantenaire de la disparition du grand Beecham, EMI publie quatre coffrets en hommage dont celui consacré à Delius est un must. Il permet d’ajouter plus de trois heures de musique au coffret EMI «Great Recordings of the Century» paru il y a dix ans, avec de nouveaux masterings pour Over the Hills and Far Away, Songs of Sunset et la plus anecdotique Marche Caprice. Delius a eu des défenseurs inspirés ou de valeur, particulièrement John Barbirolli, Charles Mackerras ou David Lloyd-Jones, mais Beecham a su donner à Delius quelque chose d’unique et à ce jour jamais complètement retrouvé : le génie. Beecham efface l’anecdote, instille de la magie, donne de la cohérence au discours, en un mot il inscrit Delius dans l’universel. Là où avec les autres chefs nous devons nous résoudre à la mélancolique pensée que Delius décidément ne sait pas introduire un fortissimo dans une partition, Beecham, lui, nous mène le plus naturellement du monde à l’acmé extatique. Oui, Delius, sait composer un fortissimo. Sous des abords bucoliques, son œuvre est en réalité extrêmement difficile à diriger. Et cette fausse facilité de l’art de Delius explique en grande partie l’interminable purgatoire dont sa musique est frappée. Pourquoi les grands chefs nordiques actuels ne se saisissent pas de ce répertoire ? Il est fait pour eux bien davantage que pour les chefs anglais.

Ce coffret essentiellement dévoué à Delius est complété par un disque réunissant une brochette d’œuvres anglaises de deuxième voire de troisième rayon, d’un académisme consternant et fort logiquement tombées dans l’oubli. Delius étant né sujet britannique de sa majesté, le titre «English Music» du coffret paraît un choix logique. Mais la faille qui sépare Delius des Lord Berners et consorts est tellement béante que cette explication ne suffit pas. Etant donné l’humour ravageur et l’anticonformisme caractéristique de Beecham, il faut voir bien autre chose dans cette association contre nature de compositeurs que rien ne réunit : un coup de pied sournois, lancé post-mortem par un Beecham hilare à l’establishment musical britannique de son temps.

Dossier :

Banniere-abecedaire728-90-resmusica-janvier16

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.