Evgeni Bozhanov, un Chopin poétique et puissant

À emporter, CD

Frédéric Chopin (1810-1849) : Barcarolle en fa dièse majeur op. 60 ; Polonaise en si bémol majeur op. 71 n° 2 ; Impromptu en sol bémol majeur op. 51 ; Valse en la bémol majeur op. 64 n° 3 ; Grande valse nouvelle en la bémol majeur op. 42 ; Ballade en la bémol majeur op. 47 ; Sonate n° 3 en si mineur op. 58. , piano. 1 CD Fuga Libera FUG579 ; enregistré à l’Heure bleue, Salle de musique, La Chaux-de-Fonds (Suisse), du 11 au 13 septembre 2010. Code barre : 5 400439 005792. Livret trilingue (français, néerlandais, anglais). Durée totale : 64’54

 

Son nom n’est pas encore connu du public français, mais c’est une grande étoile de demain. Né en 1984 à Rousse (Bulgarie), collectionneur de prix internationaux (Varsovie, Reine Elisabeth, Richter à Moscou, Van Cliburn…), nous livre une interprétation de Chopin hautement poétique et tendrement délicate bien que dotée d’une puissance tout à fait extraordinaire, offrant une dramaticité fascinante.

Il réalise le programme de ce disque comme s’il jouait véritablement sur scène : dans la Barcarolle initiale, il ménage parfaitement sa force tandis qu’il la déploie à fond dans la troisième Ballade et surtout dans la troisième Sonate qui conclut l’enregistrement. Un pianiste ordinaire aurait foncé sur le clavier dès la fin de la Barcarolle (le passage avec des accords plaqués) pour rechercher un effet spectaculaire. Ce léger « ascétisme » du début surprend, mais à mesure que le programme avance, il nous entraine dans son univers en crescendo, à notre insu, pour aboutir à une explosion éclatante avec le « Presto » final de la Sonate. Mais avant cette profusion sonore, épanouie et victorieuse, il nous offre un modèle de rubato dans la Polonaise — morceau assez rarement joué —, affiche une noble élégance dans l’Impromptu et une légèreté exemplaire dans les deux Valses. Pour la Ballade, il se transforme en conteur, décrivant avec une multitude de couleurs des scènes lyriques d’Adam Mickiewicz (le morceau aurait été inspiré par son poème Ondine). Dans la Sonate, notons le jeu infiniment caressant du second thème du premier mouvement, la tranquillité apaisante du troisième, et le joyeux déchainement du finale.

De par sa musicalité aux mille nuances et au son limpide, c’est donc un pianiste dont on aura vraiment envie de suivre l’évolution, sur scène et en enregistrement.

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