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Polina, une autre vision de la danse

À emporter, Danse , Livre, Romans et fiction

Polina. Bande dessinée. Auteur : Bastien Vivès. Editeur : Casterman. Dépôt Légal : mars 2011. ISBN : 978-2-203-02613-1. 216 pages. Prix : 18 euros.

 

a 26 ans et s’est imposé, en quelques albums, comme l’un des auteurs de bande dessinée les plus accomplis de sa génération. Il a choisi, cette fois, de s’attaquer à l’univers de la danse, un art qui, tout comme le dessin, permet d’exprimer des émotions : «La danse possède une qualité narrative de mise en scène, puisque chez le danseur, ce qu’il exprime passe par le mouvement, c’est donc très visuel». L’album a nécessité deux ans de travail. Son héroïne s’appelle Polina Oulinov. Polina ? L’auteur s’est inspiré de la silhouette de la danseuse russe . souhaitait que sa Polina ait une vraie personnalité, et non pas un physique lisse. Grave et pensive, sa Polina est un papillon de fer, à la fois gracile et coriace.

Derrière l’ambition d’une enfant dévouée à la danse se dessine un apprentissage jonché de doutes. Il est difficile de grandir, de choisir et d’atteindre la maturité. Départs, retours et hésitations jalonnent un parcours initiatique qui ne se fera pas sans douleur. Polina hésite, craque, flirte. Elle nous séduit et nous déconcerte.

Le pilier de l’intrigue est la relation maître-élève entre le professeur Bojinski et Polina. Cette relation complexe, conflictuelle, mais non exempte de tendresse, va nourrir la carrière et les ambitions de l’héroïne.

Le trait reproduit avec précision et nervosité les mouvements classiques : en-dehors, cou-de-pied, arabesques, retirés, tours : on aime la légèreté des mouvements portée par une bichromie faite de noire et de gris.

Verdict ? Polina est un album stylisé qui baigne dans une atmosphère originale. Et si l’intrigue manque parfois de rythme et de clarté, l’écriture détachée de Bastien Vivès révèle une bonne dose de justesse et de pudeur. On déplore cependant les inexplicables fautes d’orthographe et de grammaire qui jalonnent l’œuvre (on se demande comment il est possible que la maison d’édition ait laissé passer des erreurs aussi énormes que le mot «corégraphe»…). Une écriture un peu plus soignée n’aurait pas nui à la crédibilité du propos, bien au contraire.

Laissons le mot de la fin à l’auteur : «Avec ce livre, mon dessin a évolué, j’ai le sentiment que je suis parvenu à réellement faire exister mes personnages et à traduire ma vision des choses». Polina ou une autre vision des choses. Et de la danse.

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