Rain d’Anne Teresa de Keersmaeker, l’averse joyeuse

Danse , La Scène

Paris. Opéra Garnier. 25-V-2011. Ballet de l’Opéra national de Paris : Rain. Chorégraphie : (2001). Musique : , Music for eighteen musicians pour ensemble avec voix (1976). Décors et lumières : Jan Versweyveld. Costumes : Dries van Noten, assisté de Aouatif Boulaich, Anne-Catherine Kuntz. , , direction : George-Elie Octors. Avec , Muriel Zusperreguy, , Aurélia Bellet, Valentine Colasante, , , , , Léonore Baulac


La chorégraphe transmet pour la première fois l’une de ses pièces majeures à une autre compagnie que la sienne. Avec le Ballet de l’Opéra de Paris, Rain est assurée de passer à la postérité.

Dès l’ouverture, pendant la scène d’approche où les danseurs se jaugent, cèdent à l’abandon, on perçoit que les danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris ont trouvé le ton juste, ont su se couler dans le style très particulier de la chorégraphe flamande. Seuls les percussionnistes de l’ sont alors en action. L’introduction plus dynamique des voix de dans la partition de donne soudain l’impulsion d’une écriture chorégraphique plus rythmée, dans laquelle chacun ou presque, va donner sa pleine mesure. A l’ascension chromatique de la musique répond tout au long du spectacle une déclinaison chromatique des costumes, signés Dries van Noten, qui vont du nudeau rose clair, puis au rose plus soutenu. Cet usage subtil et délicat des couleurs donne à l’ensemble un côté « bonne mine », comme un coup de blush, tout à fait raccord avec la jubilation que procure la danse.

Cette œuvre, l’une des pièces majeures d’Anne Teresa de Keersmaeker, est à la fois légère par sa fluidité, le plaisir et la joie de danser qui émane des danseurs, et dense par sa complexité mathématique et musicale, qui nécessite une attention constante pour ne pas en perdre le fil. C’est une danse toujours en mouvement, sans le moindre temps de pause, une continuité d’impulsions et de relances. Créée il y a dix ans, alors que la chorégraphe renouait avec l’analyse musicale après une période d’intensité créatrice, Rain n’est ni austère, ni éthérée, ni répétitive. Elle offre une infinie variation de tempi, de couleurs et de mouvements, le sourire en plus !
L’interprétation par les danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris paraît plus douce, mais aussi plus hétérogène que celle de Rosas, la compagnie de la chorégraphe. Du côté des garçons, mention spéciale dans cette première distribution au jeune Daniel Stokes, absolument génial et typé « Rosas », tandis que et sont un peu en retrait. Epaules et bras souples, hanches ultra mobiles, et , rayonnantes, font des étincelles. La jeune Léonore Baulac est lumineuse lorsqu’elle danse tour à tour avec les trois garçons. Un peu triste, ne semble pas très à son aise, tandis qu’, la «» de l’Opéra, nous étonne par son interprétation pleine de sagesse et de maturité.

Crédit photographique : © Agathe Poupeney / Opéra national de Paris
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