L’exceptionnel Vadim Gluzman décape Bruch

À emporter, CD

(1838-1920) : Concerto pour violon op. 26, Romance op. 85, Quintette à cordes op. posth. et Sandis Šteinbergs, violons ; Ilze Klava et Maxim Rysanov, alto ; Reinis Birznieks, violoncelle. , direction : . 1 SACD Bis Records. Référence 1852. Code barre : 7318599918525. Enregistré à Bergen et au Schloss Nordkirchen en septembre-octobre 2009. Notice en : anglais, allemand, français. Durée : 58’04’’

 

Les Clefs d'Or 2011

Des trois concertos pour violon que composa , seul le premier  connut un véritable succès. Mais quel succès ! Le compositeur lui même ne tarda pas à s’en agacer : « Je ne veux plus entendre ce concerto ; n’ai-je composé que celui-là ? » lançait-il aux solistes qui venaient le lui jouer, exprimant sa préférence pour le suivant (tandis que Brahms, lui, avait une prédilection pour le troisième). Presque 150 ans après sa composition (1864-68), l’œuvre a été tellement rabâchée au concert et au disque que l’on ne souhaite plus l’entendre que dans des versions qui bouleverseraient nos certitudes, ce que l’on ose trop espérer. Et pourtant…

Et pourtant, , violoniste médiatiquement plus discret que ceux de sa génération passés tout comme lui entre les mains de (Repin et Vengerov par dessus tout), réussit l’exploit de se hisser à la hauteur des Milstein/Barbirolli (Naxos), Heifetz (RCA) ou Perlman (EMI) et nous fait redécouvrir la partition comme au premier jour. Avec bravoure et panache, le soliste fait preuve d’une imagination rafraîchissante et il suffit d’écouter l’adagio, chantant comme jamais, pour se convaincre de sa musicalité géniale. Technique irréprochable, sensibilité à fleur de peau, sonorité magnifique (registres grave et médium !), lyrisme incandescent et sensualité slave, tout ce qui fait la réussite du concerto se retrouve dans la Romance en fa majeur op. 85 initialement conçue pour alto et orchestre –écoutez, dans cette configuration, Thorette/Rophé (Cyprès). Dans ces deux pages, Gluzman est magnifiquement secondé par dont l’accompagnement est au diapason de l’engagement du violoniste. Les interventions de l’orchestre sont idéalement dosées et le sens du dialogue omniprésent. Loin de l’épaisse pâte sonore que l’on peut légitimement redouter, le chef travaille une matière vivante habilement dégraissée.

Le Quintette à cordes de 1918 s’ajoute en complément idéal. Cette partition longtemps présumée perdue fut retrouvée dans la bibliothèque musicale de la BBC en 1988. Elle est l’œuvre (anachronique) d’un compositeur de quatre-vingts ans dont la verve et l’engouement ne se sont pas taris, loin s’en faut. Les cinq musiciens réunis sous l’égide de Gluzman communiquent joliment leur enthousiasme et leur entente amicale. Cohérence, souplesse, et musicalité subtile font l’irrésistible charme de cette gravure qui vient clore superbement ce grand disque.

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