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Così fan tutte classique et réussi à Garnier

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. 16.VI.2011. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Così fan tutte. Mise en scène, décors et costumes : Ezio Toffolutti ; lumières : André Diot. Avec : Elza Van Den Heever, Fiordiligi ; Karine Deshayes, Dorabella ; Matthew Polenzani, Ferrando ; Paulo Szot, Guglielmo ; Anne-Catherine Gillet, Despina ; William Shimell, Don Alfonso. Chœur de l’Opéra national de Paris (chef de chœur : Patrick Marie Aubert) ; Orchestre de l’Opéra national de Paris, direction : Philippe Jordan.

D’un mandat l’autre, les productions audacieuses font place aux reprises de mises en scène plus anciennes. Les productions antérieures au mandat de Gerard Mortier sont reprises et les plus récentes oubliées. C’est le cas pour cette centième représentation de Così fan tutte à l’Opéra de Paris avec le retour de la production d’Ezio Toffolutti qui revient et chasse celle de Pascal Chéreau. Très traditionnel, le spectacle d’ n’en est pas moins plein de charme et d’humour. Les décors de ce metteur en scène-costumier-décorateur évoquent tantôt Venise – le chocolat qui tombe dans l’eau d’un rio par la fenêtre, tantôt le jardin d’une villa Palladienne ; les costumes semblent tout droit échappés des peintures de Tiepolo. metteur en scène ne le cède en rien à l’ décorateur que l’on connaît, avec une direction d’acteur constamment juste, lisible et savoureuse. La direction de est un modèle d’équilibre et évacue l’habituelle dichotomie entre lourdeur de la lecture romantique et verdeur du son baroque. Sous sa baguette, l’orchestre de l’Opéra sonne plein et constamment gracieux, occultant peut-être au passage l’amertume de cette farce grinçante.

L’équipe réunie a pour mérite premier une grande homogénéité. Deux sœurs bien appariées font valoir des timbres corsés et une diction châtiée. Si n’a pas tous les graves de la partition – mais qui les a ? –, elle ne cherche pas à le masquer et livre un « Per pieta » humble et émouvant. , miel dans la voix, fait un très joli numéro dans le rôle de la sœur un peu moins sage. Deux albanais aussi beaux que falots complètent le quatuor amoureux. , très apprécié à Paris, fait valoir une voix souple et homogène, puissante au risque d’éclipser par moments , pourtant baryton d’une réelle élégance et encore trop rare en France. Mais la grande triomphatrice de la soirée est assurément la délicieuse qui ne fait qu’une bouchée du rôle de Despina, à défaut de pouvoir goûter au chocolat destiné à ses maîtresses. Vocalement irréprochable, la soprano est aussi une comédienne irrésistible. est en revanche aujourd’hui plus comédien que chanteur – mais quel comédien…

Crédit photographique : © Agathe Poupeney / Opéra national de Paris

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