Miami City Ballet : Sinatra, Sinatra, Sinatra !

Danse , La Scène

Théâtre du Châtelet. 19-VII-2011. Les étés de la danse : . Directeur artistique : Edward Villella. Ballet Impérial, chorégraphie de George Balanchine ; Afternoon of a Faun, chorégraphie de Jerome Robbins ; Liturgy, chorégraphie de Christopher Wheeldon ; Nine Sinatra Songs, chorégraphie de Twyla Tharp. Orchestre Prométhée, direction : Martin West.

Quatre œuvres du répertoire américain étaient présentées ce soir par le dans le cadre de la 12ème représentation des Etés de la Danse.
La soirée débute par la représentation de Ballet Impérial, un ballet en trois mouvements qui évoque les fastes de l’ancienne Russie. Cette pièce pour 29 danseurs se veut « un hommage d’aujourd’hui au grand Tchaïkovski et à Marius Petipa, père du ballet classique. » Ballet Impérial, c’est une grosse meringue dans laquelle on a envie de croquer à pleines dents, sans jamais craindre l’indigestion. Le décor somptueux, les
costumes ravissants, ainsi que la partition, invitent à la rêverie. On apprécie tout particulièrement l’excellente prestation des solistes Mary Carmen Catoya, Renato Penteado et Patricia Delgado. Curieusement, ils se révèlent meilleurs pris individuellement que dans les adages, qui présentent quelques problèmes de positionnement. La démonstration des demi-solistes féminines se révèle plus inégale, certaines danseuses nous gratifiant de ports de bras trop abrupts et
de sauts un peu trop pesants pour cette féerie aérienne.

 

C’est ensuite Afternoon of a Faun, pièce de Jerome Robbins, qui nous est présentée. Cette relecture du ballet de Nijinski s’avère décevante, malgré une interprétation honorable de Jennifer Carlynn Kronenberg et Carlos Miguel Guerra. Le chorégraphe abandonne toute référence à la Grèce antique pour transposer l’action dans un studio de danse. L’exercice se mue en un interminable pas de deux amoureux. Rien de novateur dans ce ballet qui laisse perplexe quant à la pertinence du propos.

Liturgy est une chorégraphie pour deux danseurs de Christopher Wheeldon.  Nettement néo-classique, elle use et abuse des mouvements déstructurés. C’est parfois bien pensé, mais souvent redondant (une impression renforcée par la partition roborative d’Arvo Pärt). Le chorégraphe poursuit un but qui nous échappe.

On garde le meilleur pour la fin, avec Nine Sinatra Songs, notre coup de cœur de la soirée. Chorégraphié par Twyla Tharp, cette pièce met en scène sept couples qui évoluent sur les tubes du crooner américain. C’est kitsch à souhait (ah ! cette boule à facettes et ces robes aux couleurs chatoyantes !), mais c’est surtout inventif, pittoresque et follement efficace. La gestuelle, mélange de valse et de pas purement classiques, est émaillée de bon nombre de portés acrobatiques. La troupe s’avère meilleure que jamais dans cet exercice de style à la Broadway qui met en valeur leurs qualités toutes américaines : pétulance, vivacité et humour. Ce ballet est irrésistible, rien de moins !

Crédits photographiques : Ballet Imperial Mary Carmen Catoya et Renato Penteado © The George Balanchine Trust. Photo Joe Gato; Nine Sinatra Songs Jennifer Kronenberg et Carlos Guerra © Photo Joe Gato

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