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Le Beethoven gorgé d’émotions de Baremboim

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Cologne. Philharmonie. 28-VIII-2011. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°9 en ré mineur op 125. Anna Samuil, soprano ; Waltraud Meier, mezzo-soprano ; Peter Seiffert, ténor ; Wolfgang Koch, baryton-basse. Vokalensemble Kölner Dom, (chef de chœur : Eberhardt Metternich), West-Eastern Divan Orchestra, direction : Daniel Barenboim.

Que faire lorsque le critique découvre qu’on lui a attribué une place bien trop près de la scène, à un mètre seulement des premiers violons et à trois mètres du chef ? Chercher une autre place ? Difficile dans une salle qui affiche complet depuis longtemps. Se déplacer à l’entracte ? Le concert n’en a pas… Il faut donc faire avec – ce qui n’est pas facile non plus. Juger le son global de l’orchestre ou l’équilibre entre les pupitres, parler de transparence ou d’homogénéité devient mission impossible lorsqu’on se croit membre du pupitre de violons…

Heureusement, il s’agit ici d’un concert où la performance technique des musiciens est loin d’être le facteur le plus important. Quand et son interprètent la 9e symphonie de Beethoven, c’est le message humaniste qui prend largement le dessus. Voici un orchestre composé majoritairement de jeunes gens, d’une musicalité hors normes, où chaque musicien donne le meilleur de lui-même pour faire passer ce message offrant ainsi une lecture gorgée d’émotions de ce chef d’œuvre. Et voici un chef qui n’a pas peur de cette émotion, qui de sa gestuelle ô combien expressive forme et modèle son orchestre pour tirer le meilleur de ces musiciens. Comment oublier la force dramatique du premier mouvement, la beauté du 3e et, surtout,  l’entrée du thème au 4e, jouée dans un pianissimo à couper le souffle ? Et puis l’attaque du chœur, d’une puissance et d’une homogénéité formidable … Côté solistes, on est un plutôt déçu d’ qui avait remplacé Anna Harteros initialement prévue. La voix bouge un peu trop et la fameuse ascension sur les mots « Flügel weilt » manque cruellement de poésie. fait ce qu’elle peut pour passer l’orchestre dans une tessiture assez grave pour elle. ne connaît pas de tels problèmes. Son chant vaillant est idéal pour le difficile passage solo, un peu moins pour le quatuor qui s’ensuit… enfin impressionne par la force de son registre aigu tout en sachant plier sa grande voix aux nuances écrites par la suite.

Le public à la fin salue le concert par une interminable ovation. Et Barenboim, au milieu de ce tonnerre d’applaudissement, n’a des yeux que pour son orchestre, remerciant chaque musicien par un geste amical. Quel geste !

Crédit photographique : © Gettyimages

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