Révélation de la Symphonie n°1 d’Allan Pettersson

À emporter, CD, DVD

(1911-1980) : Symphonie n°1 (premier enregistrement). Symphonie n°2. . , direction. 1 CD Bis BIS-CD-1860 et 1 DVD bonus inclus BIS-DVD-1860 de David Lindberg. Code barre : 7 318590 018606. Enregistré en mai-juin 2010 à Norrköping, Suède. Notice français-suédois-anglais-allemand. Durée CD : 74’54. DVD en suédois avec sous-titrage en français, anglais et allemand. Format image : NTSC 16:9. Format son : Dolby Digital • Stereo. Zone 0. Durée : 58’30.

 

Les Clefs d'Or 2011

En 1951, à l’âge de 40 ans, quitte le confort matériel que lui procure son poste d’altiste à l’Orchestre de la société des concerts de Stockholm pour se consacrer entièrement à la composition. Il part à Paris étudier le dodécaphonisme avec René Leibowitz et suit en parallèle (et en antidote) l’enseignement d’Arthur Honegger.  Il entame durant ces études la composition de sa Symphonie n°1, qu’il n’achèvera jamais et dont il interdira toute exécution. Happé par la commande de la Radio suédoise de ce qui allait devenir sa Symphonie n°2, Pettersson travailla épisodiquement à sa première symphonie avant de l’abandonner définitivement en 1955. Pourquoi ?

La Symphonie n°1 de Pettersson était un mystère que le chef et compositeur a révélé à l’occasion du centenaire de sa naissance (voir notre dossier). Dans un DVD inclus en bonus, il y explique avec l’appui de musicologues passionnés comment l’œuvre a été obtenue de la veuve et reconstituée. Valait-elle la peine d’être exhumée et restituée ? Absolument. Longue d’une demi-heure, elle se divise en deux parties d’égales durées séparées par une courte citation d’une des plus mélodiques des Chansons aux pieds nus, procédé que le compositeur utilisera de manière frappante à travers son œuvre, particulièrement dans la Symphonie n°6 et le Concerto pour violon n°2. La première partie stupéfie par sa maturité d’écriture : Pettersson y est entièrement là, avec ce mélange d’atmosphère prenante, ponctuée de rythmes complexes et de climax savamment dosés. La seconde partie nous donne à voir le compositeur dans son atelier, on entend des ébauches, des bribes d’idées, on assiste à l’œuvre en formation, et il est fascinant de découvrir cela avec notre connaissance rétrospective de l’œuvre colossale de 16 symphonies qui restait à venir.

La Symphonie n°2  avait déjà fait l’objet de deux enregistrements dont un facilement disponible chez CPO par l’attentionné Alun Francis, mais Christian Lindberg met un soin et une concentration tels dans cette œuvre qu’il la hisse au rang des grandes symphonies d’Allan Pettersson. Dès les premières mesures, lent battement de mesure qui sort du néant, nous sommes captivés. Lindberg se sort de tous les pièges et les contradictions du style de Pettersson : il crée un sens narratif continu, donne du liant entre les silences et les accents fortissimos, réussit la gageure de concilier l’indispensable mouvement collectif de l’orchestre et de mettre en valeur l’individualité des interventions des solistes, enfin il sait équilibrer le dramatisme général de l’œuvre en dénichant la fraîcheur enfantine et même la pointe d’humour avec lesquelles Pettersson a émaillé sa symphonie. L’orchestre est galvanisé, et enregistré de manière superlative.

Christian Lindberg a tout compris à Allan Pettersson. Engagé, le DVD qui complète le disque a été réalisé aux frais du chef d’orchestre. Habilement composé entre la narration de la découverte de la Symphonie n°1 et la vie du compositeur, le documentaire intéressera aussi bien les passionnés de Pettersson que ceux qui souhaitent en faire une première approche.

Aux côtés d’Antal Dorati, qui avait joué un rôle critique dans la reconnaissance internationale du compositeur dans les années 1960, et de Sergiu Comissiona, son meilleur interprète jusqu’alors, Christian Lindberg entre au panthéon de la légende petterssonienne.

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