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San Francisco, Renée Fleming chez les Borgia

La Scène, Opéra, Opéras

San Francisco. War Memorial Opera House. 02-X-2011. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Lucrezia Borgia, opéra en un prologue et deux actes sur un livret de Felice Romani. Mise en scène, décors et costumes : John Pascoe. Lumières : Jeff Bruckerhoff. Avec : Renée Fleming, Lucrezia Borgia ; Elizabeth DeShong, Maffio Orsini ; Michael Fabiano, Gennaro ; Vitalij Kowaljow, Alfonso ; Daniel Montenegro, Rustighello ; Brian Jadge, Vitellozzo ; Austin Kness, Gazello ;Ryan Kuster, Astolfo ;Ao Li, Petrucci ; Igor Vieira, Gubetta. Choeur du San Francisco Opera (chef de choeur : Ian Robertson). Orchestre du San Francisco Opera, direction : Riccardo Frizza

La production de , robuste et passionnelle, s’ évertue à dramatiser encore plus, comme si besoin l’ était, une Lucrezia Borgia qui séduit d’emblée par un bel canto suffisamment tragique en soi. Les décors reproduisent à l’ancienne ces murs gris et sévères de ces palais et turri italiens, qu’ ils soient de Venise ou Ferrare.

Les costumes, eux, propres et nets, se fondent à l’ envie dans cette grisaille, dans cette sévérité qui ne sont pas sans évoquer les meilleures productions d un Wolfram Skalicki in loco dans les années 70 !!  Nous ne sommes plus, à l’évidence, chez le Duc de Mantoue !… Le livret évoque cependant , sans états d’ âme, ce que pouvait penser de Lucrezia, parangon de vertus et de morales, un 19ème. siècle friand, quoi qu’on en dise, de délires, médisances et poisons. La mise en scène, elle, suit son cours, sans plus.

creuse et fouille avec fermeté, détermination, voire cran, une Lucrezia aguerrie, solidement trempée. Le drame y est, et disons tout simplement, en exemple,  que le personnage, en scène finale, atteint à la fureur, à la brutalité d ‘une Armida, celle de Rossini. La voix aussi y est, dès le prologue, fioritures et messa di voce (sans oublier une agilité, un souffle, un contrôle aboutis) accompagnent avec force et vigueur le Com’è bello paré d’impeccables dentelles et dans lequel perce de bout en bout une émotion systémique d’ une réelle intensité.  Elizabeth DeShong campe une Orsini bien ancrée dans sa réalité;  son mezzo stable, assuré, vous convainc lui aussi.  Excellente prise de rôle pour l’ Alfonso de , présent, scrupuleux (un portrait brossé à traits vifs), au baryton dynamique, opulent, parfois outrancier, comme il sied à l’ époux de Lucrezia.  Michael Fabiano s’avère un puissant Gennaro, au ténor épanoui, spontané, aérien. Tous les comprimerii, veules, amorphes ou corrompus, consolident ici ce soir, comme si nécessaire, l’ excellence du spectacle. Citons-les : Blanche Hampton (Negroni), Ryan Kuster (Astolfo), Daniel Montenegro (Rustighello), Igor Vieira (Gubetta), Brian Jagde (Oloferno), Christopher Jackson (Jeppo).  Le choeur fait son travail. Au pupitre, bat la mesure.

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