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Venise, l’éveil du baroque

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Venise, l’éveil du baroque : itinéraire musical de Monteverdi à Vivaldi. Olivier Lexa. Karéline. 216 p. ISBN 978-2-35748-080-3. Dépôt légal : juin 2011

 

venise_lexa_karelineCe petit volume, d’un format maniable et peu encombrant, est en réalité un guide touristique axé sur les hauts lieux de la vie musicale vénitienne à l’époque baroque. L’auteur, ancien directeur général du Palazetto Bru Zane, directeur aujourd’hui du « Venetian Centre for Baroque Music » dont il est l’un des co-fondateurs, y détaille avec passion et érudition une soixante d’endroits – théâtres d’opéra, « case » et « palazzi », « casini » et « ridotti », ambassades, « ospedali », « scuole » et « fonteghi », basiliques, églises, convents, monastères et synagogues » – associés de près ou de loin aux grands musiciens, librettistes, décorateurs et scénographes ayant contribué en leur temps au développement de la vie musicale vénitienne, et partant à la légende de la Sérénissime.

L’itinéraire géographique se voit ainsi ponctué de développements bienvenus sur tel artiste – Monteverdi, Cavalli, Torelli, Gabrielli, Marcello, Goldoni, Zeno, Vivaldi… – ou telle œuvre musicale particulièrement associé à l’un ou l’autre de ces endroits, dont beaucoup ont malheureusement disparu de nos jours. On y apprendra tout sur les premiers théâtres publics du XVIIe siècle, sur la pratique musicale dans les fameux « ospedali », sur l’importance de la musique dans la liturgie, l’ouvrage sachant allier avec flair et habileté la légende et l’anecdote au sérieux et au caractère scientifique du propos. À cet égard, on appréciera tout particulièrement la savante introduction consacrée aux différents contextes politiques et religieux qui ont favorisé l’éclosion à Venise de l’opéra public mais aussi, plus généralement, la diffusion de la pratique musicale pour tous, hommes et femmes confondus.

L’ouvrage, richement illustré des photographies de l’auteur, porte également sur la représentation dans la peinture vénitienne du concert musical, et signale avec perspicacité les lieux où l’on peut encore admirer aujourd’hui de tels trésors iconographiques. Si le choix du noir et blanc convient parfaitement à la sculpture, on pourra regretter en revanche qu’il ne rende pas toujours justice aux grandes fresques murales, qui ont véritablement besoin de la couleur pour prendre corps.
Un ouvrage, on l’aura compris, à mettre immanquablement dans son sac de voyage lors des prochains déplacements vers la lagune.

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