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Nikel et Court-circuit, mélange détonant

Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Paris, Musée d’art et d’histoire du Judaïsme. 17-XI-2011. Marco Momi (né en 1978) : Ludica II pour saxophone, guitare électrique, percussion, piano et électronique. Fausto Romitelli (1963-2004) : Trash TV trance pour guitare électrique ; Professor bad trip (I et II) pour ensemble et électronique. Philippe Hurel (né en 1955) : Localized corrosion pour saxophone, guitare électrique, percussion et piano. Ensemble Court-Circuit et Ensemble Nikel ; direction : Julien Leroy

Les Ensembles Court-Circuit et Nikel (4 garçons dans le groove) fédéraient leur énergie pour donner un concert plutôt décoiffant qui a fait la tournée des festivals en France (Aujourd’hui Musiques de Perpignan et Novelum de Toulouse) avant d’investir l’Auditorium du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme à Paris. A l’affiche, quatre pièces qui semblaient viser les mêmes objectifs: mêler l’électricité à la source acoustique instrumentale et tendre vers la saturation sonore avec une appartenance revendiquée aux univers du rock, du jazz et de l’improvisation.

De l’italien (di Perugia) , Ludica II inclut dans son dispositif guitare électrique et électronique et fonde son propos sur l’énergie du geste et la distorsion du son. L’œuvre procède par enchaînements d’actions pulsées au cours desquelles le jeu dans les cordes du piano est largement sollicité. Sans le recours à l’électronique mais dans la même formation instrumentale, Localized corrosion de est écrite sur mesure pour l’ ici très investi. L’écriture y est beaucoup plus serrée que chez Momi, laissant transparaître ses nervures rythmiques bien dessinées. Hurel flirte avec l’excès de son allant parfois jusqu’à la déchirure sans renoncer à son écriture de processus qui propulse le mouvement et galvanise les sonorités.

Le regretté fait figure de pionnier dans le courant de la saturation dont il a laissé quelques beaux prototypes. Si Trash TV Trance pour guitare électrique ne tient pas toujours les promesses de son titre sous les doigts de Yaron Deutsch, Professor bad trip – s’inspirant des textes d’Henri Michaux écrits sous l’effet de la drogue – dont nous entendions les deux premiers volets sous la direction du jeune chef , surprend toujours par l’étrangeté de ses associations (mirliton, harmonica… ) et la joyeuse anarchie de ses couleurs – impérial au violoncelle MIDI – même si l’acoustique des lieux voire un certain relâchement des troupes (notamment dans la section électrique) ne propulsaient pas l’œuvre avec l’insolence souhaitée.

Crédit photographique : © DR

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