Beethoven par Nagano, l’aventure continue

À emporter, CD

( 1770-1827) : Symphonie n°8 en fa majeur, Op.93 ; Grande fugue en si bémol majeur, Op.133 (orchestration de Felix Weingartner), Symphonie n°6 en fa majeur, Op.68. , direction : . 2 CD Sony. Référence 88697923602. Notice de présentation en : anglais, allemand et français. Enregistré en 2011. Durée : 87’27.

 

poursuit son intégrale des symphonies de Beethoven avec son orchestre de Montréal. Nous avions aimé le précédent volume centré sur la Symphonie n°3, nous apprécions encore plus cet album.

Nagano ne cherche évidemment pas à faire ressortir les avancées radicales de Beethoven façon Paavo Järvi (RCA), ou à revisiter une certaine idée d’une tradition (plombée) comme Christian Thielemann à Vienne (Sony), il fait de la musique pour de la musique dans une optique « grand symphonique ». On sent l’orchestre en nombre derrière les pupitres et le chef joue justement avec cette masse, mais il taille et cisèle des contours, plus qu’il ne cherche à démontrer. Nagano combine à merveille le sens d’une progression rapide, avec une mise en évidence des pupitres. À ce titre, la redoutable « Pastorale » est un modèle d’intelligence musicale par la plastique de ses textures et par sa gestion des tempi. La Symphonie n°8 s’avère puissante mais portée par un souffle et une énergie qui séduisent les tympans. Quant à l’orchestration un peu grasse de la Grande fugue par Weingartner, elle bénéficie d’une structure très solide rendue par Nagano qui sait construire un édifice, depuis ses fondations au sommet, en rendant toutes les strates et tous les thèmes.

L’orchestre de Montréal est, encore une fois, d’une qualité technique irréprochable avec un sens des détails absolument parfaits. Le galbe des cordes, la rondeur des vents ou la précision des cuivres permettent au chef de souligner les détails et les nuances.

Beaucoup de commentateurs auront du mal à reconnaître qu’un chef réputé froid et distancé réussisse si bien son Beethoven ! Force est de constater que, dans une optique « orchestre symphonique », ce disque est l’un des meilleurs dans les symphonies de Beethoven. Il surclasse aisément Rattle (EMI), Chailly (Decca), Thielemann (Sony), Herreweghe (Pentatone). Seul Vanska (BIS) reste le  concurrent contemporain le plus sérieux. Après nos déboires récents dans Tchaïkovski et Bruckner, il est hautement plaisant d’entendre un orchestre et un chef qui séduisent dans la relecture des grands classiques du répertoire !

Imprimer
Mots-clefs de cet article

Les commentaires sont fermés.

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.