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Emile Goué, Œuvres pour piano

À emporter, CD

Emile Goué (1904-1946). Œuvres pour piano, vol. 2 : Thème et variations, op. 47 ; Pénombres, op. 3 ; Sonate pour piano, op. 13 ; Horizons, op. 24 ; Ambiances, 2e suite, op. 35 ; Deux Impromptus, op. 44 ; Prélude, Aria et Final, op. 45. Diane Andersen, piano. 1 CD Azur Classics. Références : AZC 083, code barre : 5 425003 920837. Enregistré au Studio Recital B, Tihange (Belgique) en 2011. Durée : 74’44

 

Pour nous c’est une découverte ! nous était inconnu avant cette écoute du volume 2 de son œuvre pour le piano. Nous souhaitons la bienvenue à sa musique (son catalogue compte une quarantaine d’opus) déjà explorée dans plusieurs enregistrements (mélodies, quatuors à cordes, piano) assurés par le label Azur Classical. Né au début du siècle précédent et disparu peu après le second conflit mondial son parcours bénéficia d’un versant scientifique et universitaire (physiques et mathématiques) d’une part et d’un volet artistique de l’autre. « La musique est pour moi une activité métaphysique et ne se sépare pas de ma vie », avance qui fréquenta le Conservatoire de Toulouse (années 1920) avant de monter à Paris où il s’enrichit du savoir d’Albert Roussel et de Charles Koechlin avant de souffrir durement de sa captivité (1940-1945), épreuve dont il ne parvint pas à se remettre. Sa musique sans accueillir la tradition romantique n’est pas sans livrer une part de son monde intérieur tourmenté. Son utilisation de la tonalité élargie s’était inspirée des manières de Koechlin, de d’Indy, de Debussy mais aussi de J.S. Bach avant de gagner en austérité et en tragique. Finalement, son écriture personnelle se détache du passé pour tenter d’exprimer son maelström intime singulier sans toutefois renouveler profondément l’écriture elle-même. La pianiste dotée d’un curriculum vitae plus conséquent que sa notoriété médiatique s’avère être une artiste de haut niveau, sensible, précise, équitable, au service intègre de la musique d’. Les trois sections de Pénombres, op. 3 (1931) évoquent Debussy mais véhiculent une narration individuelle et vraiment attachante. La Sonate pour piano op. 13 (1936) se rapproche du néo-classicisme ambiant avec sa polytonalité dynamique mêlée d’ironie, de mordant (très animé), de sensibilité et de mystère (très lent) et enfin d’exaltation et de fougue (très animé). Horizons, op. 24 (1939), inspiré par la géographie hexagonale se nourrit du terroir et des maîtres déjà cités. Par contre, Ambiances, op. 35 (1942) et Prélude, Aria et Final, op. 45 de 1944 affichent une originalité expressive nouvelle et prometteuse annonciatrice de futurs chefs-d’œuvre que la mort à l’âge de 42 ans réduira au stade d’espoirs vains. La passionnante collection « Horizons » publiée chez Bleu nuit éditeur annonce la sortie prochaine d’une monographie centrée sur Emile Goué. Nous l’attendons avec impatience tant le personnage et sa musique nous paraissent dignes d’un traitement spécifique.

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