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Dans les brouillards, par Jérôme Granjon

À emporter, CD, Musique de chambre et récital

Leoš Janáček (1854-1928) : Dans les brouillards ; Alexandre Scriabine (1872-1915) : Cinq préludes op. 74 ; Arnold Schoenberg (1874-1951) : Six pièces pour piano op. 19 ; Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, deuxième livre. Jérôme Granjon, piano. 1 CD Anima records. Code barre : 3 760130 510219. Enregistré du 27 au 29 mars 2011 à l’église évangélique Saint Marcel. Livret bilingue (français, anglais). Durée totale : 67’08 »

 

Un mot : passionnant. C’est tout ce que l’on peut dire de cet enregistrement de , dont le programme autour du répertoire pianistique paru en 1911-1912 est un témoignage de l’éclatement des styles à travers l’Europe musicale, entre Paris, Prague, Vienne et Moscou.

Le pianiste nous dit que le fondement de son projet est son amour des Préludes de Debussy, qu’il joue régulièrement en concert (ce qui est évident à l’audition), et dont le second livre est inauguré par le mystérieux « Brouillards » – quel titre fabuleux ! Ce brouillard est de deux ordres : il est tant psychologique que musical, une sorte d’entre-deux amorphe, de limbe où l’esprit erre, comme sans but, et qui se traduit par une écriture épaisse, chargée, ou au contraire par un dépouillement extrême.

Le programme convoque tout d’abord Janáček, dont on découvre avec plaisir le cycle Dans les brouillards, à mi-chemin entre post-romantisme et tournures plus personnelles – voire plus obsessionnelles. Les Préludes de Scriabine témoignent quant à eux du profond mysticisme de leur auteur : c’est une musique à écouter entouré de volutes d’encens, dans une atmosphère crépusculaire. L’écriture y est complexe, équivoque – tout le contraire des Six pièces de Schoenberg, d’une concentration extrême.

Après ces deux cycles de miniatures, les Préludes de Debussy se présentent comme l’ensemble le plus incarné de cet enregistrement : « Bruyères » et « Ondine » sont des pièces vaporeuses, heureusement contrebalancées par « La puerta del Vino », « General Lavine », etc … autant d’évocations colorées et souriantes, qui sont comme un baume à la morosité et referment fort intelligemment ce programme.

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